mercredi 18 février 2009

Visite éclaire au Japon.Kyoto


Jour 6 : Kyoto
Et voilà enfin la journée tant attendue! Je parle bien sûr de ma journée Kyoto, car je suis vraiment impatiente de commencer ma visite dans « la capitale spirituelle du Japon », le meilleur endroit pour ceux qui, comme moi, veulent voir et essayer de comprendre tout ce qui touche à l’histoire du Japon et à la civilisation japonaise.
Car Kyoto a été le siège de la cour impériale depuis 794, quand l’Empereur, voulant s'éloigner de l'influence du clergé bouddhiste au sein du gouvernement impérial, prit la décision de déplacer sa capitale depuis l'actuelle Nara vers une nouvelle ville, Heiankyō, ( capitale de la tranquillité) dans une région entourée des montagnes, éloignée de cette influence et plus facile à défendre.Kyoto resta la capitale du Japon jusqu'au transfert de la cour à Edo, en 1868, lors de la Restauration du pouvoir impériale. Et même si, dés 1600, l'avènement du shōgunat Tokugawa avec son quartier général à Edo, devenu ainsi Tokyo, la « capitale de l’est », sonne le glas de son importance politique, Kyoto a su rester le creuset de la culture du pays devenant au fil du temps la capitale de la culture japonaise. D’autant plus que, par l’isolationnisme et la fermeture du Japon, elle n’a jamais eu à subir des influences culturelles extérieures, à part les siennes. C’est pourquoi la ville regorge d’édifices et de jardins typiques japonaises de toutes les époques, plus de 1600 temples bouddhistes et quelques 250 sanctuaires shinto, dont 17 sites classés sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité de l’UNESCO.

Et ce n’est pas tout ! Car Kyoto étant l’une des rares villes du Japon qui fut épargnée par les bombardements massifs américains de la seconde guerre mondiale, (ceci justement afin de protéger cet héritage culturel exceptionnel. Et, en parenthèse soit dit, c’est un français d’origine russe, Serge Elisseeff, qui connaissait la richesse culturelle de la ville, qui a influencé la décision de ces cow-boys, dommage que pour Bagdad et Irak en général il n’y ait aucun orientaliste dans les rangs…) ils existent encore ici des ruelles moyenâgeuses, des maisons de thé vieilles de plus de 130 ans, un quartier de geishas resté presque intact, avec des authentiques geishas et maikos dedans, pour combler les voyageurs !

Tout ça pour vous faire comprendre pourquoi j’étais à priori si impatiente et si heureuse d’être là, si bien que, d’une nature plutôt pessimiste, Capricorne typique, pur et dur, pour une fois je ne suis pas en train de penser « oh, ma dernière journée au Japon », mais « whaou, Kyoto, encore une super journée au Japon » ! Nuance. Et je peux vous dire d’amblée que, malgré des débuts difficiles, ma visite n’a pas été décevante, au contraire, j’ai trouvé la ville somptueuse, une sorte de Florence du Soleil Levant et plus encore. Mon enchantement a été tel que même avec le recul je suis presque prête à dire, comme cet autre internaute sur flickr (pourtant, pas du tout exact dans ses titres et descriptions ) qu’il n’y a pas une ville plus riche de point de vue culturel dans le monde.

Après un petit-déjeuner dans le cadre cossu du restaurant de mon hôtel (même si, peut être, pas si luxueux que celui de mon mari) je suis déjà dans le hall en train d’attendre le bus pour ma « visite accompagnée » de la matinée, la dernière de ce voyage. Dans le programme « virtuel » de cette visite, le Palais Impérial, le Château Nijo, et le temple Kinkaku - ji, le fameux Pavillon d'or. Mais le programme réel va s’avérer un peu différent.

Pour commencer, le départ n’a pas lieu à huit heures et demi, comme prévu, mais une demi-heure plus tard. Et pour finir, le Palais impérial a été remplacé avec un temple Bouddhiste, car le palais ne se visite pas dans les week-ends. Mais oui, mais ils devraient le savoir déjà quand ils ont vendu leur excursion, je suppose !

Bon, mais je n’allais pas me faire du mauvais sang et gâcher ma journée Kyoto pour autant, malgré le fait que j’aurais tant voulu visiter mon palais impérial !
Quand même, je dois dire qu’avec ce nouveau temple bouddhiste je l’avais mauvaise, surtout que le guide me semblait cette fois bon à rien, il parlait juste pour occuper le temps, sans rien dire de vraiment intéressant ou d’important. Au moins à mes yeux, car tout ce que je sais et que je vous transcris là dessous, je l’ai appris par mes lectures sur Internet et ailleurs. En plus il parlait très fort, sans aucun respect des lieux (un moine bouddhiste est venu même pour lui attirer l’attention qu’il est dans un lieu saint), puis il est resté une demi-heure dans la cour du temple où il n’y avait rien d’autre à voir à part les murs et les toitures des bâtiments fermés au public (qua j'adore), en ne nous faisant pas visiter ce que c’était vraiment à visiter (même si peut être ce n’était pas sa faute, car tout était soit fermé, soit en réparation, grr…) pour nous presser plus tard, quand la visite devenait vraiment intéressante, par exemple justement dans les jardins du château Nijo ou du temple Hongwan - ji. Et pour couronner le tout, les grosses américaines de Tokyo étaient-elles aussi de la partie! Mais je me suis dit avec sagesse que je suis bien obligé de le suivre, car je n’aurais pas autrement la possibilité de voir tous ces choses là dans un si court laps de temps. Et, à propos de temps, je me disais aussi que je n’ai à supporter tout ça que pour quelques trois heures, car après, je pourrai faire mon programme à ma guise ! Alors, je me suis calmé et j’ai profité au maximum de cette dernière excursion, en commençant par ce temple, Nishi Hongan-ji, de la secte ouest de l’école bouddhiste Jōdo Shinshū. Une branche du bouddhisme avec la plus grande influence et qui a le plus grand nombre d’adeptes au Japon sinon dans le monde, connue aussi comme bouddhisme shin. Je vous épargne les détails sur les particularités de cette secte, l’Internet étant assez riche déjà en informations la concernant. Je vais me concentrer plutôt sur ma visite « touristique », surtout que ce type d’informations manquent cruellement sur le net, ou quand elles existent, sont complètement bidon (à croire que tous les guides sont en fin de compte nuls, ou que tout simplement les Japonais ne veulent pas qu’on connaît leur site).

Mon hôtel étant tout prés de la gare, après seulement quelques minutes de bus (ceci explique peut être cela, je veux dire, le bus étant venu à 9 heures et non pas à 8.30, comme prévu, le choix de ce temple pour remplacer le palais impérial s’expliquait peut être par sa position par rapport à la gare? Car malgré le fait qu’il est lui aussi d’une importance majeure, je lui aurais préféré, moi, Ryoan-ji et son jardin Zen plus que célèbre!) nous voilà déjà devant ses portes. Je dis « ses portes », car si j’ai bien comprit mes net-informations, il y a plusieurs et même la porte que j’ai photographiée de l’autre coté de la Horikawa-dori fait partie de l’ensemble… Mais ce n’était pas aussi spectaculaire que la petite porte Amida-do, elle aussi moins impressionnante que la porte classée « trésor national » (que je n’ai même pas vu) mais tout de même une porte en style kara, i.e. chinois, quoique ça puisse être d’influence plutôt coréenne, (dixit ce dictionnaire japonais). En tout cas, je reconnaissais le style du Daibutsu-den de Todai-ji de Nara, sauf que la sobriété élégante de ses lignes est ici remplacée par une décoration un peu plus chargée et baroque.


Une fois passée cette porte je me suis retrouvée dans une cour assez large et dépouillée, au milieu de laquelle trônait un très bel arbre. Et j’ai bien fait de le photographier aussitôt, car, même si sans feuilles, il était vraiment impressionnant. Un vieux ginkgo, planté là il y a des siècles, témoin donc d’une époque doublement révolue, car non seulement lui-même vieux, mais en général le ginkgo bilboa est, on le sait, un des arbres les plus vieux de la terre, espèce survivante, vieille de plus de deux cent millions d’années.

Mais, avant de continuer mon récit, il faudrait peut être que je vous mets ici quelques informations supplémentaires concernant le temple. En fait NISHI HONGANJI et son voisin, le temple Higashi Hongan-ji, sont nés en 1602, quand le shogun Tokugawa Ieyasu a divisé le temple HONGANJI en deux, pour limiter sa puissance.

Les deux temples ont plus ou moins la même structure architecturale, néanmoins Nishi Honganji, le temple de l’Ouest, connu aussi sous les noms de "Onishi-san," ou Hompa-Honganji, Hongaji signifiant « le temple de la voie originale », est le plus important des deux de point de vue de la valeur des monuments historiques qui le composent. Malheureusement il n’est que partiellement visitable, et même ce qui est parfois visitable nécessite des demandes préalables auprès de l’administration du temple.

Ainsi, le seul bâtiment qui se visite normalement est le hall principal, le Hondo ou le hall de Bouddha, ou Amida-do, reconstruit en 1760, décoré avec des peintures en or des artistes de l’école Kano et qui contient une statue du Bouddha réalisé par un maître de l'École Kauga. Statue que nous, pauvres visiteurs de ce samedi matin, nous ne pouvons pas apercevoir, car « les rideaux sont tirés ». Puis il y a le Goei-dō ou Daishi-do, le Hall du Fondateur, en réparation depuis plus de dix années, où paraît-il qu’il y a une statue très révérée de Shinran, le fondateur de la secte, probablement sculptée par lui-même en 1244 et couverte d'un manteau de laque mélangée avec ses cendres après sa mort. Au-dessus de l’entrée de ce bâtiment il a une inscription : deux caractères chinoises )écrits à la main par l’empereur Meiji en 1876, en octroyant ainsi à Shinran le titre posthume de «Grand Maître qui voit la vérité» (Kenshin Daishi).

Un autre bâtiment, avec des jolies fenêtres en formes de cloches, c’est le Kura, ou l'entrepôt,un beau bâtiment aux toitures dansantes et aux fenêtres en forme de cloches, qui a une voûte tournante dans le centre où sont déposées des sutras. Juste derrière lui il y a le Sanpai Kaikan où se tiennent les cérémonies et les rituels pour les membres de la secte,avec à sa gauche le shumusho, un bâtiment administratif.

Le shoin, ou Daishoin, le hall d'étude en style shoin-zukuri de l’époque Momoyama que nous n’avons même pas pu voir même de l’extérieur, est en fait le plus célèbre, à cause surtout de tous les trésors qu’il contient, provenant des anciens apartements du château de Fushimi ( ancien château de Toyotomi Hideyoshi ). Il est divisé en deux sections, le kuroshoin, ou le hall d'étude noir, jamais ouvert au public et le shiroshoin, ou le hall d'étude blanc, qui s'ouvre deux fois par mois, mais il faut une demande préalable pour la visite. J’ai pu trouver sur Internet des images de l’intérieur du Shiroshoin, mais je ne sais pas avec certitude quelles sont les images valables des bâtiments respectives, car dans ce cas chacun semble mettre le nom qu’il veut sur son image. Par exemple, il y a qui confondent allégrement le bâtiment « Shiroshoin » (salle d’étude blanche) avec le Kura.

C’est pour ça que je vais pour une fois sous-titrer mes photos et en plus je vais mettre une photo que j’ai faite avec Google Earth, où, après des recherches très poussées, j’ai mis chaque objet à sa place : bé, si on met de noms, au moins qu’on le fasse correctement, quoi !

Et pour finir cet inventaire, Nishi Hongan-ji contient aussi un grand complexe shogun de la période médiévale, qui a été en grande partie déplacée ici en 1632. Cela inclut le Karamon, la célèbre porte en style chinois « trésor national » dont j'ai déjà parlé, la relique du château Fushimi, de l’époque Momoyama, dont j’ai parlé ci-dessus, le Hiunkaku, un grand pavillon de thé, et aussi quatre scènes de théâtre Nô, dont une « la plus vieille » et l'autre « la plus grande scène No extérieure » et même un jardin sec célèbre, le jardin Kokei noNiwa ou Tiger-glen, situé entre le Daishi-do et le Daishoin, est lui aussi,avec ses grandes rochers apportées du château Fushimi et sa composition complexe, un bon exemple des jardins de l’époque Momoyama (fin XVI-ème siècle). Et même si je ne l’ai pas vu, je me fais un plaisir de copier ici la description de ce jardin que j’ai trouvé sur le net :
c’est un jardin sec (karesansui) désigné pour être vu du Daishoin (d’ailleurs il est appelé Daishoin teien, i.e. jardin), composé de différents types de cycades,des pierres et gravier blanc qui représente une rivière qui coule et au loin une cascade (toujours en pierres). Derrière la cascade il y a le Goei-dō, le Hall du Fondateur, intégré dans la composition, symbole de la montagne Lu de Chine. La particularité de ce jardin est que les pins, habitués des jardins japonais, sont remplacés par différents types de cycades, ces « fossiles vivants » qui ressemblent aux fougères.

De tout ce complexe que voilà, nous avons visité seulement le coin de nord-est, et même pas vraiment tout le coin, car après avoir traversé et bien regardé cette cour et après nous avoir déchaussés, nous sommes entrés dans le « hall principal » (Amina-do), nous avons un peu regardé à gauche et à droite et, après avoir récupéré nos chaussures, nous sommes de nouveau sorti dans la cour, pour mieux la regarder encore quelques dix minutes. Ce n’est pas qu’ils étaient pas beaux tous ces bâtiments, au contraire, mais quand, en regardant la porte Karamon qui s’élevait devant nos yeux (à propos,"mon" signifie porte, donc dire la porte karamon c’est un pléonasme) le guide nous dit qu’il y a une encore plus belle, reconnaissez quand même qu’il y a de quoi être frustré ! Et encore plus maintenant, après avoir vu toutes ces belles images sur Internet, dont je vous mets ici quelques-unes unes.

Et si vous voulez voir le plan en grand, vous pouvez cliquer sur cette image.


Le ginkgo et de gauche à droite, Amida-do, Shumusho, Sanpai Kaikan, Kura

Une belle lanterne fait face au Sanpai Kaikan et au Kura

Le hall Amida-do où peut voir les “rideaux fermés"

Le hall Amida-do, image prise sur le Net !

Illusions : Reflet de Sanpai Kaikan dans le Shumusho.

Daishi-do

La porte historique (Karamon), superbe! (image Internet)

Hiunkaku (image internet)

Kokei no Niwa (image Internet)

Kokei no Niwa (image Satellite)
Finalement nous avons quitté l’endroit, sans trop savoir pourquoi nous sommes venus, ou presque et nous sommes partis illico presto vers le château Nijo.

Et là, rien à dire, j’ai été vraiment enchantée, l’impressionnant et incontournable château Nijo, avec ses remparts, ses tours de garde et ses douves, ses portes, ses palais et ses jardins...Et surtout son palais Ninomaru, dont la beauté est sublimée par un merveilleux jardin du XVII-ème siècle, lui aussi inclus sur la liste du patrimoine mondiale d’Unesco. Et même si je n’ai pas visité d’autre palais ou châteaux au Japon, je me rends compte de son importance, autant parce qu’il a été la résidence officielle du grand Ieyasu Tokugawa, que par le fait qu’il additionne quelques structures d’une valeur exceptionnelle transférées du château Fushimi. Le même château dont j’ai parlé déjà ci-dessus, le plus bel exemple d’architecture Momoyama au Japon : construit en 1594 par Toyotomi Hideyoshi, il a été détruit en 1623 et les principaux bâtiments furent transférés et reconstruits dans divers endroits. Ainsi va le monde, on peut dire, sauf qu’en général quand on détruit c’est détruit à jamais, pendant qu’au Japon, on récupère inlassablement ce que c’est récupérable. Y inclus (ou surtout ?) les jardins !

Et même sans rien savoir au préalable de tout son histoire, sa beauté me saute aux yeux dés la descente de l’autobus. Preuve, j’ai fait plus de 50 photos seulement à l’extérieur, car à l’intérieur du palais Ninomaru, que nous avons visité aussitôt arrivés et où j’aurais tant voulu en faire, c’était complètement interdit ! Et, sans fausse modestie, mes photos sont toutes tellement belles que j’ai du mal à choisir pour mettre sur ce blog, je crois que je vais en mettre de nouveau quelque part sur flickr.

Mais, continuons la visite. Pour commencer, nous sommes devant la porte principale, Higashi Otemon et de nouveau je ne sais pas si la tour de garde que je vois sur ma gauche provient du château Fushimi ou pas, l’inscription en japonais ne me permet pas de l’apprendre, mais je trouve son architecture simple et élégante, ça me rappelle le palais impérial de Tokyo. En sachant qu’une des tours du château de Fushimi a été transférée à Tokyo, ça a l’air vraisemblable, mais sans confirmation je ne m’aventure pas à l’affirmer, vu tous les feux qui ont ravagé parfois ces palais…

Par contre, la porte karamon qui suit, avec ses sculptures délicates, oiseaux, papillons et autres chrysanthèmes en or, elle a un air de famille et je la trouve superbe, même si peut-être elle est moins belle que sa soeur, la porte que je n’ai pas pu admirer au Nishi Hongan ji.

L’entrée principale du palais, elle-même en style kara, est elle aussi très belle, avec des lignes pures et des merveilleuses sculptures au linteau et toutes ces dorures des frontons mises en évidence par la couleur ardoise, la sobriété et l’élégance des toits aux bords savamment courbés. J’adore ces toitures japonaises, je n’arrêt pas de les photographier, tiens, pour la première fois j’aperçois des petits animaux au bout, pas neufs ou sept, ou trois (toujours impair) comme en Chine, juste un bout de dauphin, ou un autre petit animal non identifié. A croire que cette fois leur rôle n’est pas du tout mystique, mais plutôt décoratif.

Enfin, après nous avoir déchaussé, nous avons visité le palais lui-même, un des rares survivants dans sa forme d’origine, avec ces extérieurs de style chinois en vogue à l'époque. Nous pouvons ainsi constater qu' il est-on ne peut plus japonais à l’intérieur. C’est à dire, un exemple magnifique du très élégant style shoin-zukuri du début de l’époque Edo, tout en bois de cyprès Hinoki (faux cyprès ou hamaecyparis), avec les couloirs couverts d’un "plancher rossignol", si bien que le moindre pas fasse crisser les lattes de bois.
Si vous avez lu le livre de James Clavel, vous vous souvenez peut être des assassins ninja au chateau d'Osaka... bén c’est à eux que je pensais pendant la visite, surtout que le grand shogun Toranaga n’est autre que Ieyasu Tokugawa lui-même.

Les pièces du château, modulables à l’aide des panneaux coulissants sculptés (fusuma), ou en papier translucide (shoji), sont décorées des délicates peintures murales dorées représentant des arbres (saules, pins,mais aussi pommiers), des oiseaux ou des tigres imaginaires (car jamais vus au Japon), réalisés par des artistes de l’école Kano, quelques-unes étonnamment bien conservés, d’autres aussi bien restaurés. C'est exactement comme ça que je m'imaginais ces palais, je suis carrément sous le charme! Tout est symbole ici, tout a un rôle, tout est pensé avec malice et intelligence, sinon avec ruse, pour faire valoir le pouvoir du shogoun. Un seul exemple, la dernière salle de protocole, ou l’empereur a été reçu, assis sur une plate-forme un peu plus haute, pour montrer, comme il se doit, la supériorité de son rang, est située au nord, par tradition le point cardinal de la malchance, le pire pour les Japonais. En plus, dans la pièce, sur les murs sont peintes des pommiers, avec les pommes qui tombent, symbole du pouvoir éphémère de l’empereur, sic !

La beauté du palais est sublimée par le jardin qui lui fait face au sud : partie intégrante de l’architecture du bâtiment, dans le style shoin-zukuri, il est pensé pour être admiré depuis une plate-forme créée dans ce but sur la façade sud du palais. En fait, nous avons ici le même principe paysager qu’au jardin sec du temple Nishi Hongan ji, qui pouvait être vu de la terrasse du shoin. Sauf que pendant que dans le jardin Kokei no Niwa l’eau était symboliquement représentée par le gravier blanc, ici l’eau existe effectivement et même la cascade qui rempli l’étang est réelle. Par contre,nous n'avons pu voir le jardin directement du palais Ninomaru : pendant notre visite, le jardin était caché par des cloisons opaques (shoji) et nous y sommes entrés en contournant le palais, en rendant ainsi la surprise encore plus totale en ce qui me concerne. Car le jardin, n’en déplaise à notre guide qui ne paraissait pas emballé tant que ça, m’a paru vraiment exceptionnel, même si je n’ai pas bénéficié du meilleur point de vue.

Dés l’entrée ce qui attire l’attention en premier sont les rochers, que j’ai trouvés mystérieux, imposants et particulièrement beaux, même si je sais que les puristes trouvent leur nombre trop grand et ostentatoire. Quelques uns de ces rochers sont apportés du jardin de Hideyoshi et d’autres du jardin Shinsenen, au nord de Nijo et ont été placés ici avant que le grand paysagiste japonais Kobori Enshuen, en vue de la visite de l’empereur Goyozei en 1626, travail sur le jardin en lui donnant la forme actuelle. Ainsi, au milieu du jardin il y a un étang avec trois îles, une plus grande (Horai-jima, l’île de l’éternel bonheur) et deux plus petits (Tsuru-jima et Kame-jima, respectif l’île de la Grue et l’île de la Tortue), quant à ces grands rochers que personnellement j’ai adoré (j’adore les pierres !) posés tout naturellement sur les bords et même en guise des ponts d’une île à l’autre, ils sont en fait très savamment arrangés et remontés au-dessus de l’eau, pour offrir la meilleure vue sur la plat-forme du palais : c’est pas beau tout ça ? Si, c’est beau, comme toute la symbolique japonaise que souvent nous ne comprenons pas. Car ici rien n’est hasard, tout a un sens !

Déjà, pour commencer, dans les légendes japonaises shintoïstes les pierres sont des esprits et doivent être traitées avec respect. Mais plus que ça, la conception du jardin aussi se fait dans un but précis et ayant à la base une idée philosophique, souvent taoïste, ou zen…

Par exemple, les jardins Shinden-zukuri ou les jardins typiques de style Jodo traduissent dans l’art du jardin l’idéologie Shinsenhorai, symbolisant le paradis Bouddhiste, conforme à la légende traditionnelle taoïste chinoise du Saiho Amida Jodo ou de la Terre Pure, la terre où vit un ermite de montagne immortel, qui ne vieillit pas et possède le pouvoir divin.

Le jardin Ninomaru est un jardin de style shoin de promenade (Kaiyu-shiki), plus précisément un jardin de style chiisen-kaiyu-shiki, organisé autour d’un étang central suivant la technique « gogan-ishigumi » et conforme à l’idéologie Shinsenhorai typique.

Il y a ainsi les trois îles (les jardins à l’idéologie Shinsenhorai peuvent avoir une, deux, trois, et même plusieurs îles, comme à Kinkaku-ji, mais les plus authentiques ont exactement trois) l’île Horai, le paradis, l’île de la terre pure, et la tortue et la Grue, les îles du bonheur, la tortue, une île basse, comme une tortue qui nage et la grue, une île plus grande où un vieux pin écarte ses branches joliment afin que la grue puisse être vue au-delà de la tortue.

Les rochers posés dans l’étang entre l’île Horai et les bords de l’étang symbolisent les barques ancrées la nuit et les ponts peuvent représenter le passage vers un monde idéal.

Et si vous allez lire sur Internet quelques informations sur la technique paysagère « gogan-ishigumi », une technique qui demande une vie entière pour être véritablement maîtrisée, vous allez comprendre ce que signifie le fait que l’étang du jardin Ninomaru est considéré comme un arrangement gogan-ishigumi proche de la perfection et pourquoi le jardin est considéré comme étant un « special scenic spot », inclus lui aussi, à côté du château, sur la liste du Patrimoine Mondiale de l’UNESCO. Mais je dois m’arrêter là, ça commence à devenir trop longue, mon histoire. Pas avant de vous mettre quelques photos, quand même.




La dernière étape de la « visite accompagnée » a été le célébrissime Kinkakuji (Le Pavillon d’Or), symbole du Kyoto, sinon du Japon ! En fait, le pavillon fait partie du temple Rokuon-ji, dont la description complète et très explicite et bien faite se trouve sur le site officiel du temple « mère » Shokoku-ji.

Quoi dire de plus, à part que lui aussi est, comme il se doit, sur la liste du Patrimoine Mondiale de l’UNESCO ? Que je suis resté sans voix devant sa beauté ? Mais qui ne le resterait pas ? Que le jardin est ici aussi époustouflant, lui aussi monument historique à part entière ? En tout cas, sans l’étang du Miroir (Kyôkochi) avec ses eaux limpides pour refléter son image, certainement que le Pavillon d’Or n’aurait pas le même effet sur les visiteurs.

Le jardin a été construit à la fin du XIVème siècle, mais l’étang peut dater depuis 1220, en tout cas il a des caractéristiques de la période Heian : ses dimensions, la grandeur de l’étang, l’utilisation du paysage naturel de la montagne Kinusaga dans sa conception…

Jardin de promenade dans le style chiisen-kaiyu-shiki traditionnel, l’étang central, miroir du Pavillon d’or, est parsemé d'îlots représentant symboliquement l’idéologie Shinsenhorai, comme dans le jardin du château Nijo,la croyance Taoïste dans la terre de la vie sans mort, mélangé avec la croyance bouddhiste dans le Gokuraku Jodo, ou le paradis, ou la terre pure.

Parmi les pierres minutieusement choisies arrangées autour de l'Étang Kyokochi (du Miroir) il y a des roches de Hatakeyama dont le rocher Todomariishi, à gauche, à côté du Pavillon d’Or, qui symbolise le bateau ancré pendant la nuit sur la route qui mène vers le paradis.

Comme dans tous les jardins de promenade (Kaiyu-shiki) ici aussi il y a un chemin nous amène vers des points d’observation précises, ou nous pouvons admirer soit les même bâtiments dans des perspectives différentes, soit des nouvelles structures. Ici une petite source, sous un abri couvert de mousse, là une cascade, symbolisant la légende de la carpe qui se transforme en dragon (la carpe étant représentée par une pierre qui s’élève sous la cascade), pour montrer la difficulté d’atteindre la sagesse bouddhiste. Sur notre chemin il y a aussi une maison de thé, même deux, car une pour les visiteurs, ou un sanctuaire shinto où la statue a été réalisée par un Bodhisattva, car « une divinité shintoïste et Bouddha ne diffère plus que l’eau et la vague »…

“A Shintoist divinity and Buddha

Differ no more than water and the wave."

Mais je vous laisse juger par vous-même en vous mettant quelques photos (j’en ai 74, toutes excellentes !) et je passe à l’étape suivante.

Rocher-bateau devant le Kuri

Le clocher (Shôrô),période Kamakura (1185-1333).

Cuisine et habitations (bâtiment zen)

Quartier de l’abbé et le plus vieil exemplaire de l’arbre kochô wabisuke (variété de camélia), planté par l’empereur Gomizunoo

Le quartier de l’abbé (Abbot's Quarters ou le Hôjô) et l’art d’arranger les arbres.

La cascade du dragon(Ryûmon Taki)

Dosojin

La source « L’eau au-dessous des Roches » (Gankasui)

La stupa de l’étang de la tranquillité.

L’étang de la tranquillité.. des canards.

La maison de thé Sekkatei

Maison de thé des visiteurs.

C’était la dernière visite accompagnée, car à midi j’ai quitté le bus quelque part derrière le sanctuaire Heian et je suis parti seule à la découverte de Kyoto, le vrai !

Whaou, cette dernière journée au Japon ! Et surtout cette dernière après midi à Kyoto… Un souvenir inoubliable ! Et même avec le recul, car je n’ai pas écrit dans ce journal depuis plus de trois mois maintenant, l’enchantement reste le même !
D’amblée il faut dire qu’à la descente du bus, avant même de commencer à marcher, j’étais déjà vachement fatiguée : pas étonnant, après tout ce marathon japonais. Et j’étais surtout consciente que j’avais encore beaucoup, beaucoup à voir : Kyoto devrait être visité non pas dans une seule journée, comme je l’ai fait, mais au minimum dans trois jours, sinon un mois… Qu’est ce que je dis ? J’aurais même aimé d’y rester pour toujours !

C’est vrai : j’adore la France, avec ses merveilleux villages moyenâgeux et tout, j’adore ses églises et ses châteaux, j’adore l’endroit où je vis, avec la grande forêt et les champs vallonnés qui entourent ma maison, mais si je devais changer encore une fois de pays un jour, j’aimerais bine aller vivre à Kyoto, ou même à Tokyo, au Japon, quoi ! Et je vous dis que mon Français de mari, qui n’a pas quitté son pays, comme moi, et même pas sa commune natale, pour aller vivre ailleurs, dès qu’on s’est revu dimanche soir, après ce voyage au Japon, m’a dit la même chose et il la répète à qui veut l’entendre ! Et si je vous dis que depuis il a commandé tout le kit sushi sur Internet et que nous n’arrêtons pas d’acheter du saké, et que maintenant nous avons même notre pont japonais sur l’étang, alors que je l’attends depuis près de dix sept ans?… Le voilà ci dessous:



Bé, on et accro, quoi ! Et il y a de quoi, je vous jure ! Mis à part la beauté des villes que nous avons visité, avec tous ces temples, sanctuaires, parcs &co., mais l’atmosphère générale, avec des gens calmes, polis, tranquilles, ces enfants en uniformes propres qui se mettent d’eux même en rangs civilisés, deux par deux, pour avancer dans les rues, la propreté qui règne partout, absolument partout (d’ailleurs, la propreté fait parti de la religion, il me semble, pour les Japonais, être sale équivaut être impie !), pas un bout de papier, pas un mégot, quant aux m… de chiens, ne parlons plus, car les chiens sont même interdits, ou presque. Et puis ce sentiment de sécurité que j’ai eu partout, dans les endroits les plus reculés et même à des heures assez tardives… Tout ça devient de plus en plus rare de nos jours…

Et pour toutes ces qualités, Kyoto détient la palme d’or ! C’est la ville la plus propre, la plus belle, la plus tranquille et la plus poétique que je n’ai jamais vu !

A midi et demi, quand j’ai quitté le bus, j’étais déjà amplement convainque, mais par la suite mon opinion positive allait crescendo, si bien que, malgré la fatigue, j’ai continué à marcher, à marcher, jusque tard dans la nuit, quand il a fallu me résigner et aller à l’hôtel pour préparer mon baguage.

Mais commençons avec le commencement : premièrement, je vous met deux carte des endroits que j’ai visité, une d’ensemble et une de détails, juste pour la « petite » zone du quartier Gion, entre Ishibe Koji, Yasaka dori et Shijo dori, pour avoir un petit aperçu de l’ampleur de la « tache » que j’avais de me repérer et de parfaire ma visite. Car, malgré le fait que j’avais au moins 5 cartes de cette zone, non seulement qu’aucune n’entrait pas en fait dans les détailles des rues (remarquez, les rues non même pas de nom, on s’orient un peu avec les quartiers au Japon) mais en plus je ne trouvais presque jamais des points de repères communs de l’une à l’autre. Je crois même que les divers enseignes (temples, rues) peuvent avoir des noms différents, que pour les habitués signifie la même chose, mais pour quelqu’un qui ne connaît guère le japonais c’est du… chinois ! A propos de ça et pour vous convaincre, une petite parenthèse : un soir j’étais tellement KO quand je suis revenu à l’hôtel qu’en allant à la réception pour des explications concernant un message en japonais laissé sur mon téléphone, j’ai expliqué à la réceptionniste que j’ai un message incompréhensible, en… chinois. « En chinois ? » m’a-t-elle demandé interloquée, avec des yeux grands comme des oignons…
Bé oui, pour moi le japonais c’est… du chinois, quoi !
Alors, vous vous rendez compte peut-être pourquoi trouver toute seule les divers objectifs que je me suis proposé à visiter dans cette après midi à Kyoto, donc dans un laps de temps précis et très limité, c’était un vrai exploit, dont je suis encore aujourd’hui très fière !
La visite « privée » a commencé, comme je l’ai déjà dit, derrière le sanctuaire Heian, plus précisément à l’agence de tourisme qui est située là et où une fille m’a indiqué gentiment le chemin que je devais prendre. Sauf que j’étais quelque part au milieu de la rue, devant un mur très haut et que je ne savais pas de quel côté était l’entrée et même quelle était la rue que je devais suivre pour continuer ma route, en économisant autant que possible mon énergie. Finalement j’ai décidé d’aller vers la droite et j’ai pris la route qui descendait vers le sud en me disant que de toute façon c’est en descendant que je dois aller vers le temple Kiyomizudera.
Maintenant, avec la carte que je me suis fait avec Google et avec les images panoramiques glanées sur Google Earth, je sais que c’était vraiment la route qu’il fallait prendre, j’ai même retrouvé ainsi des bâtiments que j’ai photographiés au fur et à mesure de mon périple, (comme, par exemple, ce « Kyoto City Budo Center »), car la rue, bordée des deux côtés d’arbres séculaires qui entouraient des superbes bâtiments, tantôt des temples ou des sanctuaires, tantôt simplement des maisons anciennes, m’apparaissait tellement belle que je n’arrêtais pas de faire des photos, dans une modeste tentative d’enregistrer le souvenir de sa beauté et de mon enchantement! J’ai mis quelques-unes de ces photos sur flickr.com.



Il fallait me rendre à l’évidence : je n’avais pas le temps de tout visiter ! Je suis entré un peu dans le sanctuaire Heian, sans me hasarder dans le jardin (il n’était pas sur ma liste de priorités) et j’ai continué mon chemin en direction de Kiyomizudera, à travers une foule de plus en plus compacte où les geishas, « les ronins », avec leurs pousse-pousse, et une ribambelle des jeunes habillés en costumes traditionnelles, côtoyaient des petites Japonaises en blue jeans et doudounes et autres occidentaux : j’étais en plein dedans, le pays des geishas et des samouraïs, un samedi après midi de janvier… Même pas besoin de « visiter » quoi que ce soit, ça suffisait de marcher et de regarder autour : ici un petit shrine, là une maison de thé devant un petit jardin d’à peine un mettre carré où même l’étang et ses poisons rouges ne manquent pas, et puis les célèbres pagodes et leurs jardins, dont le plus célèbre, Entokuin …

Enfin, voilà l’entrée principale du « Temple de l’eau pure », Nio-mon, avec les deux lions chiens de garde devant et les deux statues des rois Deva dedans, Agyo et Ungyo a et un en sanscrit, ce qui symbolise tout le savoir du Bouddha.

Kiomizudera (kiyoi mizu eau de source eau pure) est un complexe de temples bouddhiques, Otowasan Kiyomizudera, et des sanctuaires shinto, d’une grande importance pour les Japonais, d’où la foule qui faisait le pèlerinage de nouvel an le samedi de ma visite.
En contrebas du bâtiment principal se trouve la chute d'eau Otowa-no-taki, d'où trois canaux plongent dans une mare. Les visiteurs du temple boivent de cette eau, qui aurait des propriétés thérapeutiques, dans des coupelles en fer, eau. Il est dit que boire de l'eau des trois canaux confère santé, longévité et succès dans les études.

Guidée par la foule, j’ai fait le tour des temples et j’ai marché jusqu’à la pagode Koyasu qu’on peut voir de la plate-forme principale, la fameuse plate-forme suspendue au-dessus des arbres, construite en utilisant 139 pillars et 90 crossbeams, sans aucun clou et parfaitement antisismique.
J’ai continué ma visite à travers la foule et je me suis dirigé d’un pas assez mal assuré vers le quartier Gion, où je suis entré, sans le savoir, exactement par la même rue que la petite Chiyo Minoru, celle qui allait devenir Sayuri, la Geisha de Arthur Golden…
J’ai fait le tour du quartier, en partant du temple Kodaiji, entre Ishibe Koji, Yasaka dori et Shijo dori, dans toutes les directions, comme mes photos le témoignent, jusqu’à l’épuisement, en parlant avec des gens inconnus mais merveilleusement gentils, j’ai flâné dans Gion Corner et sur les bords de la petite rivière Shirakawa, j’ai admiré, sans pouvoir y entrer, le temple Kenninji et, la nuit tombant, je me suis enfin décidé à prendre un bus dans la rue Higashioji, direction la gare, car mon hôtel était juste vis-à-vis.

Mais à la gare, surprise ! Car l’hôtel étant sur la partie nord, la plus ancienne, avec l’arrêt de bus dans la partie sud, pour écourter le chemin j’ai pensé à la traverser. Heureusement, car autrement je n’aurais jamais vu cette merveille et je n’aurais jamais compris pourquoi mon guide Hachette parle de son architecture « monumentale », « provocante », « démesurée », futuriste mais élégante, signée Hiroshi Hara. Et là, j’ai oublié complètement mon épuisement et j’ai monté ces escaliers roulants jusqu’au bout, j’étais prête à dire jusqu’au ciel, car c’est l’impression qu’on a, surtout la nuit ! De toute façon, j’étais aux anges et dommage que mes photos ne puissent pas rendre qu’une pale image de cette merveille, mais je vous dis que pour moi ça a été la cerise sur le gâteau. Au propre, car je suis entré aussi dans un restaurant ou on paye une somme fixe et on mange tant qu’on veut, comme aux USA, sauf qu’ici c’était la cuisine 100% japonaise et il fallait manger avec des baguettes ! Le pied, pour ma dernière soirée à Kyoto ! Car le lendemain, j’ai pris l’avion à l’aéroport d’Osaka, direction Paris.
FIN