mardi 4 mars 2014

Argentine J 8-9. Buenos Aires

Ah, Buenos Aires ! Même un mois et ça ne suffirait pas pour le connaitre. Et encore moins pour en avoir assez !
Quant à nous, à peine une journée entière. Même pas, car arrivée le vendredi vers 17 heures de El Calafate, nous sommes partis pour la France samedi vers la même heure, donc il a fallu être à l’aéroport vers 15 heure !
Heureusement, Magalie nous a réservé un hôtel en plein "Centro", en sachant qu’à Buenos Aires notre quartier, San Nicolás, plus souvent appelé "Centro" par les porteños, comme on appelle les habitants de Buenos Aires, est, avec le quartier de Monserrat (tiens, tiens, moi j’étais déjà à Montserrat. Le vrai, en Espagne, où il y a l’original de la copie de La Morenita que les habitants de ce quartier vénèrent dans leur église paroissiale. Un magnifique endroit le Monserrat de l’Espagne, par ailleurs !!) le véritable centre de la mégapole et même plus que ça, le centre économique et financier du pays.

Le soir de l’arrivée nous avons quand même le temps de faire un tour en ville (un grand merci à mon mari qui a sacrifié ses genoux) en allant via l’Avenue Leandro Alem vers le quartier Monserrat, plus précisément jusqu’à la place de Mai et sa Casa Rosada situées à la frontière nord de ce quartier ! Une fois arrivés sur la place, nous sommes tombés en plein manifestation des mères qui, comme vous le savez peut être, se rassemblent sur cette place autour de la Pirámide de Mayo chaque vendredi pour réclamer encore et encore leurs enfants disparus pendant la dictature militaire du Général Videla. Après les avoir photographié autant que possible sans trop en avoir l’air et après avoir fait tranquillement le tour de la place, en étant un peu ébahis par ce que nous voyions, comme par exemple les SDF à côté de la cathédrale avec les deux gamins en bas âge dans un chariot de supermarché que personne ne regardait vraiment, nous avons continué notre petit circuit en marchant au long de l’avenue de Mayo avec en ligne de mire le grand obélisque de l’Avenue 9 du Julio, symbole par excellence de Buenos Aires, comme La tour Effel pour Paris.



J’ai laissé mon mari photographier l’endroit et j’ai traversé seule la « plus grande avenue du monde » (encore une !) pour au moins regarder de plus près le célèbre Théâtre Colon. Après encore quelques photos comme celles que vous voyez là-dessus,  nous nous sommes arrêtés pour manger dans un petit restaurant sur la rue Lavalle (c’était bien, même si j’ai oublié ce que nous avons mangé) mais nous n’avons pas eu le courage de finir notre soirée dans une milonga, comme prévu, et non seulement à cause de la fatigue, mais aussi parce que un monsieur à qui nous avons demandé l’adresse, en voyant mon sac et mon appareil photo en bandoulière m’a conseillé de bien les serrer autour de moi et de faire attention car il y a des voleurs… Ben, c’était la goutte d’eau qui nous a fait renoncer, pardi !

De retour à l’hôtel, lequel, rue Tucuman, n’était pas trop loin, (merci Magalie) nous avons attendu le lendemain et le circuit organisé pour une visite guidée et un peu plus longue et plus approfondie de la ville. Avant que la voiture vienne nous prendre comme prévu (avec beaucoup de retard, par ailleurs, j’ai fait même appel à la réception pour prendre des nouvelles à l’agence), j’ai eu le temps de marcher un peu autour de l’hôtel, de traverser l’Avenue Leandro Alem et le boulevard Bouchard jusqu’à l’Avenue Eduardo Madero et avoir ainsi un premier aperçu, même si lointain, du nouveau quartier Puerto Madero, exemple reconnu dans le monde entier de réaménagement réussi d’une zone urbaine insalubre et très dégradée, voir dangereuse, plein de dépôts, de terrains vagues et pas seulement. Avec en prime, sans le savoir, juste devant mes yeux, la réserve écologique de Buenos Aires, située sur des terrains gagnés sur le río de la Plata dans les années 1970 et 80.

Une fois le microbus arrivé, avec à son bord une jeune guide qui était accompagnée d’un jeun photographe,(non, nous n’avons pas voulu sa photographie joliment encadré par deux danseurs de tango et accompagné d’un CD : déjà que nous avons nos propres appareils et que nous avions nos CDs tango acheté en toute tranquillité à El Calafate, mais en plus cet encadrement kitchissime, beurk ! ) nous avons commencé notre tour dans la ville de Buenos Aires par le quartier de la Recoleta en passant à côté de la Place des Nations Unies et la sculpture Floralis Genérica représentant une fleur qui s’ouvre le jour et se ferme la nuit, sauf quelques nuits de fêtes nationales.
Suivent à toute vitesse la plaza Francia, la Basilique de Nuestra Señora del Pilar et le Cimetière où est enterrée l’héroïne nationale Evita Peron, mais of course que nous n’entrons pas dedans pour voir sa tombe, car ce n’est pas prévu.

Nous continuons la visite avec le quartier de Palermo, toujours un quartier résidentiel assez exclusif de Buenos Aires, en tout cas, les palais de luxe du style français où les anciennes constructions coloniales et art déco se succèdent en mode continue, les parcs et les autres ambassades et universités, pareils ! Remarquez, certains rues on dirait qu’on est à Paris, tellement l’architecture française du XIX-ème siècle y est présente. D’ailleurs il parait qu’à l’époque, comme dans d’autres pays du monde (Russie, Roumanie) l’aristocratie était en effet fortement liée à la France par sa pensée et son mode de vie, Buenos Aires était appelé le « Paris de l’Amérique latine »., comme Bucarest « le petit Paris. (Comme quoi, les même causes produisent les mêmes effets : à Bucarest aussi les grands édifices de l’époque étaient construits par des architectes français ! o tempora o mores …). La guide nous explique que c’est toujours un français, Charles Thays, qui a créé au début du XXème siècle la plupart des beaux parcs et jardins qui ornent encore aujourd’hui Buenos Aires et que nous regardons à travers le pare-brise de notre microbus en admirant de loin les statues et surtout les jacarandas en fleurs.




Enfin, la visite continue, je reconnais l’Avenue de 9 juin en passant de nouveau devant du théâtre Colon et le fameux obélisque (e hop, encore une photo), puis la place du Congrès, avec son édifice néo-grecque inspiré du Capitole de Washington (on nous dit qu’il y a même un Penseur de Rodin sur la place, mais nous ne pouvons pas apercevoir) siége du pouvoir législatif . Après, nous nous dirigeons, via l’avenue Hipólito Yrigoyen, vers la place de Mai, où nous retrouvons la Casa Rosada, où réside le pouvoir exécutif et dont la peinture rose n’a rien à voir avec la situation du pays. Tout autour de la place nous identifions maintenant le Cabildo, siège du Musée Historique National du Cabildo, Palacio del gobierno, l’édifice du Gouvernement de la ville de Buenos Aires , le siège central de la Banco de la Nación Argentina et surtout, en ce qui me concerne, la Cathédrale Métropolitaine où l’actuel Pape François a prêché dans son temps…

Pendant que mon mari étudiait de près l’attroupement des vétérans (vrais ou faux) de la guerre des Malouines qui campent sur la place, j'ai couru (au propre) vers la cathédrale, un édifice néoclassique qu’au début j’ai cru que c’est un théâtre. A l’intérieure je découvre plusieurs retables, dont le très beau retable central en bois de cèdre du Paraguay de la fin du XVIIIe , le retable de Christ de Buenos Aires, l’altar de NUESTRA SEÑORA DE LOS DOLORES et à droite de l’entrée le mausolée du Libertador, avec la statue du Don José de San Martín, père de l’Argentine entourée de trois sculptures de femmes symbolisant les pays qu’il a libérés, c’est-à-dire Argentine, Chili et Pérou. L’ensemble de statues, veillées par des soldats du corps prestigieux des Grenadiers à Cheval, est l'œuvre d’un sculpteur français, ce qui est cohérent vu que Don José a vécu beaucoup plus longtemps en France qu’en Argentine, avec des longues années d’exil à Paris et dans la région parisienne (Grand Bourg) avant de terminer ses jours à Boulogne-sur-Mer le 17 août 1850.



Après avoir resté plus d’une heure sur la place, nous allons découvrir San Telmo, le quartier « riche en histoire », berceau du tango argentin, dont parlent toutes les agences de voyage. Là résidait jusqu’à la fin du XIXe siècle toute l’aristocratie de Buenos Aires qui s'est ensuite déplacée au quartier nord (Recoleta) à cause de l'épidémie de fièvre jaune. En traversant le quartier nous pouvons apercevoir les anciennes maisons coloniales, des rues pittoresques, des belles églises comme Nuestra Señora de Belén ou l’église orthodoxe russe qui tranche avec le style architectural du quartier avec ses coupoles à bulbe et ses couleurs vives. Sur notre parcours dans la ville nous passons parfois devant des marchés où s'étalent les légumes et les fruits de saisons et autres marchandises, mais aussi nous apercevons souvent des gens installés sur les trottoirs et sous des arcades avec leurs affaires, des matelas et même des chaises et des tables, apparemment des sans-abris en plein centre-ville. J'ai réussi même à faire une photo à travers les vitres du microbus, malgré la vitesse.




Nous visitons aussi, bien sûr, La Boca, quartier mondialement connue pour son célèbre stade "la Bombonera", beaucoup plus grand que celui que j’ai photographié à travers le hublot un jour avant. Nous avons pris la pose dans le hall devant la statue de Maradona, mon mari a visité le musée et le stade (visite payante qui ne m’intéressait guère), mais nous n’avons pas acheté les articles hors de prix mises en vente dans la boutique de l’entrée, faut pas exagérer non plus…
Je dois reconnaitre que la Boca est un quartier vraiment pittoresque et à l'esprit bohème, mais, en visitant la rue piétonne Caminito avec ses façades en tôle colorées, ses danseurs de tango, ses peintres et ses galeries d’artisans, j’ai pensé que les Rroms, en remplaçant le tango par des « manele », pourraient faire exactement la même chose à Bucarest. Dans le quartier Colentina, par exemple, sinon en Ferentari.
Totalement imprégnée de cette atmosphère, j’ai fait une petite vidéo avec des danseurs de tango et avec le peintre qui peinte avec ses pieds, j’ai photographié aussi les trois statues en plâtre sur le balcon d’une maison, statues emblématiques pour le quartier car représentants les trois mythe des porteños : Maradona, Evita Peron et Carlos Gardel, qui reste de loin le tanguero le plus célèbre au monde. Ce qui est paradoxal dans un genre où l'essentiel de la musique est consacrée à la danse. C’est vrai qu’il est quand même exceptionnel, comme en plus il est nait en France, nous n’allons pas à nous à les contredire : je l’ai aussitôt choisi pour accompagner ma présentation quand j’ai fait mon CD Argentina !…


Nous quittons Caminito direction Puerto Madero en traversant une zone délabrée qui nous offre un aperçu de ce que pouvait être le nouveau quartier avant sa réhabilitation dans les années 1990. Maintenant c’est un quartier moderne et exclusif, qui connait une grande expansion commerciale. D’un quartier pauvre et délabré il est devenu le quartier le plus cher de la capitale, avec des appartements de grand luxe, trois hôtels cinq étoiles, des restaurants, bars et boîtes de nuit bien sécurisés, un lieu de rendez-vous incontournable pour la jeunesse dorée.
Nous passons devant le spectaculaire pont de La Femme et de la frégate Presidente Sarmiento amarrée au quai que je réussi à photographier en vitesse et nous continuons notre route vers le centre devant des rangées de grattes ciels, un plus haut que l’autre, alignés au bord de Rio del Plata comme pour combler les personnes en manque de modernité !


Enfin, le bus s’arrête devant la Casa Rosada. Pour nous le tour de la ville et même le voyage en Argentine touche à sa fin. Le temps de courir (au propre) jusqu’au célèbre Café Tortoni, , patrimoine culturel de la ville, fondé par un Français en 1858 que je tenais à tout prix à visiter et où je suis entré en ignorant la queue devant la porte (hey, j’ai demandé la permission du portier, qu’est-ce que vous en pensez !!!) juste pour voir l’atmosphère, pendant que mon mari, qui reposait ses genoux assis sur un banc devant la présidence était en train de se faire voler le sac à dos où il y avait non seulement sa tablette numérique, et son très cher appareil photo, mais aussi tous ses papiers, tickets d’avion &co. Heureusement qu’il a compris à temps les manouvres des deux passants qui lui attiraient l’attention pendant que leur compère essayait de remplacer le sac avec un autre sac semblable et qu’il a pu empêcher le malfaiteur dans son travail ! Mais il était assez secoué quand je suis revenu et la clé que les deux compères ont fait semblant d’échapper par terre devant lui, reste même aujourd’hui un souvenir troublant pour les campagnards qui connaissent la délinquance seulement à travers les reportages télé ou autres que nous sommes !
Juste ce qu’il nous fallait pour ne plus rien vouloir visiter et pour prendre en toute tranquillité le chemin de l’hôtel, via Reconquista (c’est le nom de la rue, hein), tout en continuant d’admirer les façades des bâtiments, banques, églises &co et avec une pause-café au Starbucks du coin, en souvenir de Bridget Jones et toutes les autres petites Anglaises de la collection Piment !
Après ça, le même chauffeur qu’à l’arrivée est venu nous prendre pour nous amener à l’aéroport pour un voyage ultra civilisé vers la France avec sa compagne que je recommande chaleureusement même si je n’ai pas bu du champagne à bord de l’avion pour éviter les problèmes d’estomac ! Après une relative courte escale à Paris, nous voilà enfin à Clermont-Ferrand où bien sûr que personne ne nous attendais sinon notre propre voiture dans le parking, mais où, pendant que nous récupérions nos bagages, nous avons rencontré quand même notre infirmière qui revenais elle du Sénégal ! Ils voyagent, ils voyagent ces Français, hein !!!
Ici fini l’histoire de notre inoubliable voyage en Argentine ! Mine de rien, nous avons parcouru le pays du nord au sud en faisant au total plus de 7000 km en seulement 9 jours. En avion, bien sûr ! Voilà le trajet :





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Argentine J 6-7, El Calafate

Chaque fois que je commence une nouvelle histoire je me dis que je n’ai pas beaucoup à raconter… Et pourtant… Après, je vois qu’au contraire, j’ai tant des choses à dire qu’il me faut ouvrir des nouvelles pages, encore et encore…
Pareil pour les glaciers ! Pour commencer je me demande qu’est-ce qu’on peut raconter sur les glaciers à des gens qui ne ressent pas la même fascination les concernant ? Et encore moins aux autres, ceux qui sont déjà acquis à leur beauté!
Je dois avouer qu’en ce qui me concerne ce sont les émissions de Nicolas Hulot qui m’ont donné envie d’aller les voir et j’ai beaucoup réfléchi comment faire pour y parvenir. Pas des excursions aux Pôles, quand même, hein. J’avais alors, d’après moi, à choisir entre Alaska et Argentine, ne me demandez pas d’ailleurs comment je savais qu’ils y existent! Bref, comme Argentine avait en plus l’atout de faire partie de l’Amérique du Sud, continent que nous n’avons pas encore visité et comme en plus le lac Argentino était situé au milieu de la Patagonie, région du monde fascinante par elle-même, le choix a été vite fait et, vus mes arguments, approuvé par « le chef ».
Et voilà comment et pourquoi nous sommes arrivés à El Calafate, une ville au milieu de nulle part dont le principal intérêt c’est qu’elle est située au bord du lac mentionné plus haut, lequel, avec une superficie de 1 466 km2 et a une profondeur moyenne de 150 m, atteignant les 500 m en certains endroits est le plus grand des grands lacs de la Patagonie argentine. En plus, et c’est ce qui nous intéresse, le lac Argentino, le plus austral lac argentin, est renommé pour les glaciers impressionnants qui plongent directement dans ses eaux, tel le glacier Perito Moreno, l'un des trois seuls glaciers de Patagonie qui n'est pas en régression.
Mais le Parc des Glaciers ne se réduit pas au seul Perito Moreno et c’est justement ce que nous allons découvrir ce mercredi de novembre 2012 pendant une merveilleuse excursion en bateau sur le lac Argentino, entre les montagnes enneigées et sauvages et à travers d'impressionnants icebergs d'un bleu surréaliste.



Une fois embarqués sur un catamaran flambant neuf à Punta Bandera, un port situé à une vingtaine de kilomètres de El Calafate et juste en bas de Cerro Frias où nous étions un jour avant, je retrouve aussitôt ma place sur le pont, désert comme toujours entre les escales, contrairement à ma moitié qui lui, en personne normale, (ben oui, on m’a déjà dit dans mon entourage français que je suis « spéciale ») préfère généralement la chaleur commode de l’intérieur. Et vous pouvez être sûrs que je suis resté sur le pont presque tout le trajet, aux maints risques et périls. Et je n’exagéré rien! Exemple: un petit moment d’inattention et ma très chère casquette Lafuma s’est envolé à une belle vitesse. Par miracle, elle est restée plantée sur la coque et a résisté à tous les vagues. Ben, normal : le feutre devient lourd quand il prend l’eau. Et je l’ai finalement récupérée, car un des marins a bien voulu venir m’aider et avec un harpon il a réussi à la récupérer, merci le marin, même si ce n’est que le lendemain que j’ai pu l’utiliser, of course ! Encore, heureusement que c’était presque la fin du trajet, autrement j’aurais pu moi aussi devenir un glacier, (ce qui ne m’aurait pas peut être déplu tant que ça, hein)…
Mais, même avec ça, je ne serais pas entré à l’intérieur pour rien au monde ! Il me fallait cet air fort, le vent, l’écume blanche des vagues derrière le bateau, je ne pouvais pas supporter une vitre entre moi et ce magnifique paysage, même si j’entrais parfois, il me fallait ressortir aussitôt pour photographier, pour filmer, ou tout simplement pour admirer. Et dans cette excursion, comme auparavant, je ne vois pas toujours en quoi c’est moi la « spéciale » et pas les autres qui, malgré le fait qu’il ne fait pas froid, restent à l’intérieur. Et je ne parle pas ici de mon mari, qui lui au moins il a une bonne excuse avec ses genoux, mais tous les autres touristes, la grande majorité beaucoup plus jeuns que moi. Et finalement tant mieux, j’avais le plus souvent ces paysages ensoleillés presque pour moi tout seule, à l'heure où le lac Argentino revêt ses plus belles couleurs d'un bleu laiteux inoubliable : ce sont les sédiments arrachés à la pierre par les glaciers qui donnent cette couleur si particulière à l'eau.
Avant de continuer avec mon compte rendu du voyage, je vous mets ici une photo satellite (merci google earth !) avec le trajet de notre excursion (merci google earth !), pour mieux situer les endroits que nous avons visité. En cliquant dessus vous avez le format lisible.



Nous avons commencé la navigation en remontant d’abord le bras Nord du lac en direction du glacier Uppsala, sans pouvoir l’approcher à cause d’une multitude d’icebergs qu’il a engendré lui-même et qui bouchaient l’entrée du fjord. Nous apprenons quand même que ce glacier doit son nom à l’Université homonyme en Suède, qui fut la première à effectuer au XXe siècle une étude de relèvement sur la région environnante et aussi qu’il intègre une vallée avec plusieurs glaciers d’où sa longueur impressionnante de plus de 850 km2 et ses parois s’élevant à presque 80 mètres.
Malheureusement nous apprenons aussi que des icebergs de taille considérable détachés du Glacier Upsala, (toujours lui ?) sont restés à la dérive et empêchent de continuer la route de navigation jusqu’à la Baie Onelli. Donc pas de glacier Onelli et ses voisins Bolado et Agassiz et le débarquement dans leur baie pour nous émerveiller devant «la forêt patagonique, peuplée de différentes espèces d’arbres tels que des ñires, canelos et lengas (c’est-à-dire des hêtres d’antarctique, Canelle de Magellan et hêtres blancs, ) non plus.
Un peu dépités mais pas trop, car la beauté irréelle de ces icebergs flottant sur des eaux d’un bleu étrange nous fascine et nous avons toujours, pour nous combler, le ciel d’un bleu intense presque sans nuages et tout autour les majestueuses montagnes où la dureté des roches est adoucie par le vert des arbres ou plutôt des arbustes éparses mais bien présents sinon par la neige qui persiste encore sur les hauteurs.
Nous rebroussons chemin et nous orientons vers le bras Spegazzini pour admirer enfin notre premier glacier, c’est-à-dire le glacier du même nom qui, avec ses 135 mètres de hauteur, est en fait le plus haut du parc ! C'est magique ! On oublie la foule qui se bouscule parfois sur les ponts, mieux que ça, on fraternise, on se photographie à tour de roll, séparément ou ensemble.
Ensuite nous continuons notre route à travers le canal des icebergs, les magnifiques sculptures de glace qui nous accompagnent et que nous avons le temps de prendre en photos et admirer longuement pendant que le bateau avance vers la face nord du Glacier Perito Moreno. Là nous nous arrêtons un bon moment, déjà pour attendre que le bateau frère qui navigue devant nous libère l’endroit pour pouvoir à notre tour nous approcher au plus près de cette merveille qui craque , grince et gronde sans cesse. Puis, il faut attendre un bon moment pour que des blocs de glace se détachent et tombent dans l'eau, car le spectacle offert par la compagne se doit d’être complet. Et ça arrive enfin, un bloc énorme tombe à l’eau en faisant jaillir d'énormes des trombes de glaces et des vagues, avec un bruit de tonnerre qui se répercute contre les montagnes et résonne à nous faire peur, sous les cris des "oh" et des "waouh" de la foule : mais non, mais non, les marins ne se trompent pas, la bonne distance a été quand même respectée ! Enfin, en contournant la presqu’Isle de Magellan nous revenons à Punta Bandera où le micro bus nous attend pour nous amener à notre hôtel. Apres une petit pause je prends mes cliques et mes claques et je me dépêche seule en ville pour la connaitre un peu mieux. Pas pour longtemps, malheureusement, car il fait vite nuit et seule parmi des éventuels chiens errants, je ne suis pas trop à l’aise quand même…


Le lendemain, rebelote ! Cette fois pour une visite spéciale au Glacier Perito Moreno, le glacier le plus célèbre au monde, déclaré Patrimoine de l’Humanité par l’UNESCO en 1981. Il a reçu son nom en hommage au grand explorateur de la région patagonique, Francisco Moreno, connu sous l’appellation de Perito Moreno, c’est-à-dire l’expert Moreno.

Après avoir longé de nouveau sur 20 kilomètres le lac Argentino bordé par la Cordillère des Andes qui sépare l’Argentine de Chili, nous entrons dans le Parc National Los Glaciares où, pour commencer la visite nous prenons de nouveau un bateau, cette fois juste pour avancer sur le bras Rico jusqu’à la face sud du glacier. Au bord du bateau je retrouve le même plaisir et la même atmosphère et le même émerveillement qu’hier, les montagnes, le bleu laiteux du lac, la foule joyeuse, tout contribue à mon bien être. Enfin, nous arrivons devant le glacier, mais même là, avec une vue panoramique frontale, il est difficile de se faire une idée de son immensité: long de 30 km, large de 4km, sa superficie est de 195 km2 et sa hauteur va de 30 à 60 mètres. Nous revenons vers le petit port sans nom où nous montons de nouveau dans le bus et après avoir contourné tout la presqu’Isle de Magellan nous arrivons à un site qui permet de voir le glacier dans son ensemble depuis des passerelles prévues à cet effet, comme à Iguazu, l’autre site classé dans le patrimoine UNESCO que nous avons visité en Argentine. Un restaurant y a également été très opportunément construit et c’est là que notre charmante guide nous donne rendez-vous, mais avant de nous restaurer nous prenons le temps d’observer le glacier depuis différents points panoramiques et belvédères, en parcourant ces passerelles en longue et en large, en regardant autant vers la face sud du glacier que vers la face nord.

Nous apprenons que, unique en son genre, le glacier Perito Moreno avance de manière permanente (env. 2cm/jour) et il finit périodiquement par atteindre une avancée rocheuse en coupant le passage des eaux du lac entre le Brazo Rico, vers le sud et le Canal de los Tempanos (le canal des icebergs) au nord.. Forcément, alors le niveau des eaux du Brazo Rico monte et exerce une pression sur la glace. Les eaux cherchent naturellement leur passage et passent sous la glace, ce qui forme un pont qui va céder peu à peu sous la pression du glacier qui continue d’avancer, ce qui fait que son front se désagrège avec grands fracas, produisant une vrai « rupture » du glacier. Ce phénomène est assez rare mais il s’était déjà produit avec une grande intensité en 1998, 2004, 2006 et 2008, et, la dernière fois, le vendredi 02 mars 2012 à 20h10, donc longtemps avant notre arrivée. Mais même si les ruptures totales du front du glacier sont rares et que nous savions que nous n’avons aucune chance d’en apercevoir une, les détachements de blocs de glace sont assez réguliers et j’ai eu moi aussi la chance de voir et même de filmer le détachement d‘un tel bloc de la paroi sud du glacier, ce qui a produit un bruit retentissant et des nuages des glaces retombant à des dizaines de mètres sur les eaux calmes du lac.



Enfin, il y a qui rouspètent contre tout ces infrastructures du parc des glaciers, mais moi, qui n’ai plus l’âge d’y aller en vélo ou à pieds, j’étais trop contente de pouvoir y accéder en toute tranquillité, de pouvoir non seulement observer et admirer le glacier, mais aussi la nature ainsi préservée du parc, qui était de toute beauté, avec ces fameux firebush, canelos et autres arbustes endémiques dont je ne connais pas le nom et qui ont eu l’amabilité de fleurir à cette époque. Ou avec les beaux arbres verts et même ceux brulés par le vent et le gel ou je ne sais pas trop quoi qui sont devenus des admirables sculptures naturelles… C’était magique et c’est inoubliable ! Et j’ai du mal à choisir parmi les nombreuses photos, une plus belles que l’autre, qu’en bonne touriste de base j’ai fait à tour de bras ! Tant pis pour les esprits plus «évolués », écolos et critiques, moi j’ai mes souvenirs, qui sont merveilleuses !

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