jeudi 9 janvier 2014

Argentine J 1: Iguaçu-Brésil

Don’t cry for me, Argentina…

Qu’est-ce qu’elle est belle cette chanson, n'est-ce pas? Surtout dans sa version initiale, celle de Julie Covington.

Il y a un an, en commençant mon CR de voyage argentin, cette chanson  me trottait tout le temps dans la tête. Mais bien sûr que c’est plutôt l’inverse qui se produit, c’est à dire c’est moi qui cry for Argentina car Argentina s’en fout, elle ne s’est même pas aperçu que je l’ai visité le mois de novembre 2012, tant notre voyage fut court…

Mais assez de bla bla bla, je ferais mieux de me lancer dans mon récit de voyage maintenant, pendant que mes souvenirs sont encore relativement fraîches, à plus d’une année distance et plusieurs problèmes de santé ou autres… Et même peut être que les souvenirs vont me faire du bien, va savoir…Et puis, je me fais un devoir de compléter mon blog de « grands voyages », même si ça n’intéresse personne ou presque ! Et mieux plus tard que jamais...

Pour commencer, j’ai beaucoup œuvré pour ce voyage, déjà pour convaincre ma moitié qu’il faut le faire, puis pour trouver un itinéraire à peu près complet et significatif, dans des délais et a un prix acceptable et qui, de surcroît, inclut des glaciers . Mais qu’est-ce que ça m'a pris avec ce désir intense de voir de près des glaciers et leur bleu irréel reflété dans des eaux limpides? Tout ce que je puisse dire c'est que depuis des années il me taraude! Et pour les voir j’avais à choisir entre l'Argentine et Alaska. Finalement j’ai choisi l’Argentine, car comme ça on pouvait avoir aussi un aperçu de l’Amérique du Sud, pardi…Quant au prix, après moult recherches je suis tombé sur l'agence Argentinian Explorer à Buenos Aires où, suite à un échange de mails conséquent et quelques coups de fils à Magalie, la très gentille et avisée représentante, j’ai pu finalement établir un itinéraire assez convenable, digne d'être approuvée et signée par l'ayant droit, c'est à dire ma chère et tendre moitié…

Mais oui, mais tout cet effort, plus les émotions de départ, plus d'autres événements qui se sont succédé dans la période qui précédait le départ (je vous épargne les détails), m’ont déclenché une crise d’ulcère, accompagnée du méléna, ce qui m’a foutu une trouille pas possible… Ben oui, l’idée d’être obligée de renoncer au voyage ou, encore pire, d'être malade en Argentine, ne me souriait guère...

Bon, j’ai pris mon mal en patience, en espérant de ne pas faire une trop grosse anémie et, avec des médicaments adéquats, plus des paquets de Krisprolls en réserve (si, si, ça aide!!!), accompagnée par mon cher et tendre, je suis monté en avion mercredi, le 14 novembre 2012 à 6 heures du matin à l’Aéroport de Clermont-Ferrand pour un voyage de 40 heures, escales incluses. Ben oui, de chez nous, via Paris, Rome, Buenos Aires, avec le transfert entre les deux aéroports, Ezeiza, et l’Aéroparque Jorge Newbery, où nous sommes arrivés jeudi matin vers 11h30, nous avions fait exactement 40 heures jusqu’à l’arrivée à notre hôtel de Puerto Iguazu, notre première escale en Argentine… Je ne vous décris pas les interminables escales sur tous ces aéroports, quoiqu’à Paris et Rome, encore ça allé, avec les magasins de luxe plaisants à regarder &co. Mais à l’Aéroparque Jorge Newbery, fatigués après toutes ces heures de voyage, affamés et désorientés, dans un pays dont nous ne comprenions pas la langue, au début c’était vraiment difficile. Je dis au début, car nous n’avons pas tardé de nous orienter et même de nous enhardir, surtout après que nous avons trouvé les informations d’embarquement et nous nous sommes débarrassé de nos bagages !) au point de sortir de l’aéroport et de traverser une large route, pour aller sur le bord du Río de la Plata avec son vaste estuaire et 219 km de large qui se confond ainsi avec la mer d'Argentine dans laquelle il plonge.

Mais ce n’est qu’en montant à l’étage pour l’embarquement que nous avons vu que l’idée de manger un sandwich dans le premier bar trouvé au rez-de-chaussée n’était pas la meilleure. Ben, c’était fait, c’était fait : la prochaine fois, c’est-à-dire quand nous ferons escale pendant le voyage vers Ushuaia, nous ne répèterons pas l’erreur et nous mangerons un super entrecôte de bœuf argentin (je vous dis tout de suite whaouuuuu) avec les frites adjacents au restaurant-exprès du premier étage !

Enfin, après un court et plaisant vol au-dessus d’immenses étendus plus ou moins planes et abondamment couvertes d’eau et après un encore plus court trajet en taxi à travers une forêt qui nous donne un aperçu de ce que ça veut dire la forêt tropicale, nous voilà descendus au milieu de nulle part, mais devant notre hôtel à Iguazu. De l’extérieur, l’hôtel réservé par Magalie, planté sur un gazon dont le vert ressortait joyeusement sur un fond de terre rougeâtre, volcanique, avait l’air correct. La distance relativement grande du centre-ville de Puerto Iguazu ne nous dérangeait pas tant que ça, vu que nous étions là pour voir les cascades et non pas la ville, même si celle-ci ne manquait pas d’intérêt de mon point de vue, qui suis fortement intéressée aussi par la vie des gens des pays que je visite. L’intérieur aussi avait l’air assez bien, sauf un premier accroc après que nous sommes entrés dans la chambre offerte par la standardiste au rez-de-chaussée «côté cour», c’est à dire, vers le derrière de l'hôtel. Mais elle nous l’a échangé aussitôt à ma demande, car l’idée de rester trois nuits dans une chambre avec les fenêtres bloqués et une vue dégelasse, (le derrière de l’hôtel servant de poubelle sauvage), m’étant intolérable, j’ai carrément couru aussitôt à la réception, avant d’être arrêté par mon mari, qui est plutôt timide dans des cas pareils et ne veux pas «se faire remarquer» … La nouvelle chambre, à l’étage, toujours côté «cour», mais cette fois avec les fenêtres donnant sur une large terrasse qui cachait bien la misère, était correcte, récemment rénovée et donc propre. Sauf l’installation de la baignoire était bizarre, l’eau, pourtant en abondance dans la région comme nous avons pu voir, coulait ici dans un mince filet permettant à peine le lavage, etc… Mais, finalement, nous nous sommes débrouillé et le personnel étant vraiment gentil et vu qu’on pouvait même dîner sur place (mon mari, avec son mal aux genoux ne voulant pas sortir les soirs) et assez bien (pour mon mari toujours, car moi, avec mes problèmes digestifs dont je parlais plus haut, j’avais pas trop quoi manger) et à un prix vraiment bas, c’était O.K.…

De toute façon, la première soirée nous n’avions qu’une seule idée en tête, nous coucher le plus tôt possible, pour être frais et dispos le lendemain pendant la visite de notre premier objectif argentin, les célèbres cataractes! Je dois dire qu'à priori je ne savais pas grand-chose les concernant, à part le fait que les images étaient spectaculaires et que de toute façon moi j'adore les cascades! Depuis que je les ai vues, je n’arrête pas à m'informer: le net est fait pour ça pardi. Et pour ses chutes les informations, les photos et les comptes rendus de voyage pullulent! C'est clair, depuis que je voyage, la géographie me semble une discipline merveilleuse, dommage que je n'ai pas fait ça pendant le lycée, ça aurait augmenté ma moyenne, même si je n'avais pas besoin vraiment, en étant déjà la première de la classe...

Mais avant de continuer mon histoire, quelques mots concernant les chutes d'Iguazu ou Iguaçu (en portugais, langue officiel du Brésil): ben, comme vous pouvez vous attendre, elles sont le résultat d’une série de phénomènes tectoniques qui ont eu lieu il y a environ 200.000 ans. Ces mouvements ont généré une importante faille géologique dans le lit du fleuve Paraná, à sa rencontre avec la rivière Iguazu. Ceci  a donné naissance à une chute abrupte, profonde de 80métres, la Garganta del Diablo ou, en français, La Gorge du Diable, puis à deux grands arcs de 2.700 m formés de 275 cascades qui interrompent d'une manière spectaculaire le plus ou moins  paisible cours de la rivière.

Situées à la frontière entre Argentine et le Brésil, la majorité des chutes sont en fait du  côté argentin, avec des passerelles qui permettent de s'en approcher de très près, mais le côté brésilien offre une meilleure vue frontale de l’'ensemble.

Les chutes, nichées dans une forêt tropicale plus ou moins endémique,  comptent parmi les plus impressionnantes au monde.  Protégées par un parc national dans chaque pays et depuis 1984 inscrites au Patrimoine naturel de l'humanité par l'UNESCO, elles ont été « découvertes » en 1542 par l'Espagnol Alvar Nuñez Cabeza  mais elles étaient bien sûr connus depuis longtemps par le  peuple guarani   qui vivait paisiblement dans la région longtemps avant l’arrivée des conquistadors.

Heureusement cette réalité est reconnue depuis longtemps, preuve, elles portent aujourd'hui le nom donné par le peuple guarani (« Y » =eau et « Guasu »=grande)   qui qui est aussi, comme il se doit, à l'origine d'une  légende qui « explique » la formation des chutes. Ainsi, la légende  raconte qu'il y a bien longtemps, le fleuve Iguazú était habité par un énorme serpent appelé Boi. Chaque année, une jeune fille lui était sacrifiée, jetée dans la rivière. Un jour, le jeune cacique Taroba tomba amoureux de Naipi, la belle jeune fille choisie pour le sacrifice. Il tenta en vain de convaincre les anciens de l'épargner. Alors il l'enleva la veille de la cérémonie et s'enfuit en canoë. Furieux, Boi interrompit le cours du fleuve, formant les chutes, et transforma Taroba et Naipi en arbres. Caché dans la Garganta del Diablo, il veille à ce que les amants ne puissent jamais se rejoindre. Mais les jours de soleil, un arc-en-ciel unit les deux arbres...

Pour revenir à mon histoire, vendredi matin nous nous sommes réveillés  de bonne heure  afin d’avoir assez de temps pour prendre le petit déjeuner et nous préparer pour le départ vers les fameuses cascades, côté Brésil… Comme prévu,  un taxi est arrivé nous prendre à 8h30, avec à bord la guide, qui était aussi «le chauffeur», et deux jeunes Argentins bien installés déjà aux meilleurs places. Heureusement que la distance jusqu’au côté brésilien de la cascade (but e la journée) n’était pas trop grande, car leur papotage incessant en espagnole avec la guide (qui apparemment les connaissait déjà) était vraiment fatiguant! Heureusement aussi que le trajet et les cascades se suffisaient à eux-mêmes, car les explications en anglais étaient rares, voire inexistantes!


      Iguazu. Hotêl Carmen          Iguazu. Notre group.

Bon, c'est vrai qu'elle nous a dit quand même que nous traversons « Le Pont International de la Fraternité», le pont qui surplombe le Rio Paraná et permet de passer d’Argentine au Brésil. Mais j’ai dû apprendre ailleurs (long vie à Internet !) que les bordures du pont sont peintes aux couleurs de l’Argentine jusqu’à son centre, puis ce sont les couleurs du Brésil qui enchaînent et quelques part par-là la rivière Iguaçu ou Iguazú (c'est selon), après avoir offert à l'humanité les célèbres chutes, se jette dans cette Paraná-ci, au niveau de la Triple frontière entre Argentine, Paraguay et Brésil. Par contre, elle nous a expliqué que les gens qui passé dur des vélos surchargées, font des trafics de frontières (ce que c’était évident) et que c’est même permis dans des certaines limites ! Mais nous ne nous arrêtons pas et nous fonçons tout droit vers le poste de frontière entre Brésil et Argentine où c'est la guide qui s'occupe de nous faire tamponner les passeports et de payer la douane (premier argent en plus par rapport au prix du voyage)... Au passage, on change de langue et de monnaie, désormais nous payons en reals et non plus en pesos, ce que nous perturbe un peu: nous sommes loin de l'Europe et sa zone Euro. Heureusement, encore une fois, que la guide est là pour s'en occuper.

Enfin, nous voilà dans un bus, en route vers les cascades, en fait seulement jusqu'à un point terminus devant le bel hôtel «Das Cataratas», dont nous admirons au passage la belle architecture «coloniale» el la pas moins belle pelouse qui l'entoure.

De là nous allons vers un sentier qui longe la rivière sur quelques 1200 mètres et nous permet de découvrir une suite des cascades, de plus en plus impressionnantes,  jusqu’à la chute principale d’Iguazu, la grandiose  « Gorge du Diable », en offrant sur le parcours des postes d’observation bien aménagés et bien placés pour pouvoir les admirer une après l'autre en toute tranquillité (quoique, un peu serrés par la foule)  et avoir ainsi une vue panoramique du site...

J'étais aux anges! Ces cascades qui ont impressionné tous ceux qui les ont vus, en commençant avec le peuple guarani, (installé dans les environs depuis l'an 1000) qui leur a donné le nom (car Y signifie eau et Guazu, grande, nous dit-on), et en terminant avec Winston Churchill, qui disait quelles reléguaient les Victoria et les Niagara Falls au rang de "cataractes de baignoire".

Sans rien exagérer, car Niagara, que j'ai vu il y a douze ans, est très impressionnante aussi, je dois admettre qu'elle n'a pas la grandeur et la beauté de ces chutes-ci.

Déjà si on regarde seulement les chiffres, c'est à dire 275 chutes, atteignant des hauteurs entre 55 et 80 m et se déversant dans un gouffre sur une largeur de près de 4 Km entre les rochers, on peut comprendre pourquoi cette merveille naturelle a été inscrite au Patrimoine Mondial par UNESCO, (et heureusement, car qui sait quelle horreur on aurait pu encore y construire, sinon...).

Mais quand on voit la beauté majestueuse du paysage, on reste carrément sans voix! Nous avons eu la chance d'une journée magnifique, sans un seul nuage, sauf les nuages d'eau des cascades qui amplifient le vert intense de la forêt tropicale et nous rafraichissent gracieusement. Le ciel est d'un bleu sans limite, les arcs en ciel, les fleurs et les papillons de toutes les couleurs, tout et beau ici! Quel contraste avec le froid humide de novembre que nous avons laissé en Auvergne! Nous avançons difficilement sur une passerelle jusqu'au plus près de la plus grande cascade, la célèbre «Gorge du diable», en essayant de trouver un petit chemin dans la foule compacte mais joyeuse qui continuait à photographier et filmer malgré la douche fraiche offerte gracieusement par le vaporisateur géant qui est cette cascade ...

Hôtel das Cataratas, Bresil. Les premières cascades
La Gorge du Diable (côté Brésil). La passerelle allant vers La gorge du diable

Pour finir, à part les cascades, nous avons vu des papillons, comme je l'ai déjà dit, des nids de caciques, mais pas des toucans ou autres jaguars, je ne sais pas pourquoi, peut-être parce que c'était le mois de novembre? De toute façon, si c'est la raison, je ne regrette pas la date, car vu la foule compacte qui nous a accompagné tout le temps, ben je peux très bien m'imaginer qu'est-ce que ça devrait être l'été (c'est à dire, les mois de décembre, janvier et février) quand les Argentins prennent des vacances... Ce que nous pourrions peut être regretter c'est que la guide était pressée de finir son programme et par conséquent nous n'avions pas pu survoler en hélicoptère les chutes ou visiter (éventuellement) la zoo, pour voir les animaux tropicaux. Mais de toute façon, vue notre état de fatigue (nous n'avions pas encore récupéré après le voyage de quarante heures en avion!) je ne suis pas très sûre que nous aurions voulu le faire!

Enfin, j’arrête ici avec la visite des cascades côté Brésil. Pour plus de photos vous pouvez aller voir sur ma page Picasa web à l'adresse: https://picasaweb.google.com/101474784273509401311/IguazuArgentineBresil15161718Nov2012# .

Il y a même une petite vidéo ici: https://picasaweb.google.com/101474784273509401311/VideoIguazuBresil161112#

De retour à l’hôtel vers 13 heures, nous avons décidé d’aller manger au restaurant de vis-à-vis. N’en ayant pas l’énergie de parcourir, sous le soleil de plomb qui rendait le rouge-ocre de la terre encore plus rouge (ou plus ocre ?) la distance de quelques 600 mètres , sinon plus, jusqu'au passage piéton, nous nous sommes aventurés parmi les voitures qui circulaient à tout vitesse, en sautant en plus un mur de béton et les talus plantés stratégiquement au milieu pour nous empêcher de le faire... Mais finalement nous sommes arrivés à bon port et en bon état, preuve que nous sommes encore jeunes et pas seulement dans la tête. Ça nous a tellement ragaillardi et réchauffé « le cœur », (ou plutôt le corps, hein), que nous avons aussitôt commandé une bière (eh oui, la bière ne me faisait pas mal au ventre !!!) et nous n'avons même pas attendu l'entrecôte pour commencer à la boire! C'est vrai aussi qu'il fut long à venir, mais l'attente méritait la peine, car je dois dire qu'il a été le meilleur entrecôte que nous avons mangé en Argentine, c'est à dire le meilleur entrecôte que nous avons mangé tout court, et pas seulement moi, mais aussi mon mari, nourri à la Charolaise et autres Salers...
Le restaurant lui-même n'avait pas l'air trop fier, il ressemblait plutôt à une cantine de province, mais les gens qui faisaient la fête autour de nous étaient d’emblée bon signe, car ils avaient l'air de venir de la ville spécialement pour fêter ici leurs anniversaires ou je ne sais pas quoi...

Nous sommes sortis du restaurant vers 15 heures pour affronter de nouveau la dangereuse traversée de l'autoroute, cette fois le ventre plein et la tête un peu engourdie... Mais comme le soleil tapait encore plus fort qu'à l'arrivée, nous n'avons pas hésité une seconde : traverser la route et sauter le mur du milieu nous paraissant une épreuve beaucoup moins difficile que la marche à pied jusqu'au passage piétons.

Une fois à l’hôtel mon mari, épuisé, a décidé tout de suite d'y rester, pendant que moi, en pensant au fait que nous avons seulement cette journée pour visiter la ville d'Iguazu et pour éventuellement trouver une banque et changer de l'argent, j'ai pris mon courage à deux mains et... en route vers la station du bus, située à presque un kilomètre de l'hôtel, Je l'ai trouvé assez vite, malgré le fait qu'il n'y avait aucune enseigne pour la signaler, mais les gens qui se tenaient début à l'ombre d'un poteau électrique, faute d'un autre endroit où se protéger du soleil qui frappait de plus en plus fort, étaient une bonne signalisation... Je me suis approché quand même d'un citoyen qui me paraissait être un touriste, comme moi même, pour m'en assurer et là j'ai eu toutes les informations que je voulais et en français s'il vous plaît. Le dit citoyen était un homme d'une belle stature, soixantaine pimpante, genre retraité du SNCF ou Air France venu des Caraïbes (car plein aux as et pas trop marqué par le travail, lol) pour visiter l'Argentine. Pourquoi les Caraïbes ? Parce qu'il était bronzé, nonchalant, imbu de sa personne et surtout accompagné d'une belle jeunette typée qui, soumise, s'est approché aussitôt pour signaler l'appartenance. Lui bien habillé et fier de l'être, elle, une petite robe modeste et des tongs. Gauguin et une de ses haïtiennes, quoi! Ceci dit, il avait l'air d'y passer ces vacances dans ces endroits depuis longtemps, en connaissant bien les environs, car il m'a expliqué d'un ton péremptoire qu'à Puerto Iguazu il n'y a rien à voir, qu'il faut aller voir plutôt le site des 3 frontières, comme le font lui et sa (docile et silencieuse) compagne.

Pendant que nous parlions, une voiture (ne me demandez pas la marque, car je suis nulle dans ce domaine!) c'est arrêtée devant nous et mon interlocuteur s'est approché pour voir pourquoi. Après un bref échange il accepte la proposition du chauffeur et nous fait signe de monter Me voilà donc embarquée dans la voiture d'un inconnu en compagne avec deux autres inconnus, même si la fille ne représentait pas, à l'évidence, un grand danger, au contraire...

Je dois reconnaître quand même que je n'étais pas tout à fait rassurée, par conséquent j'ai interrompu la conversation que les deux hommes ont démarrée au même moment que la voiture, pour demander combien ça va me coûter le voyage jusqu'au centre-ville : au moins comme ça je m'assurais que je suis dans un taxi clandestin, même si le prix ne me convenait guerre !

Enfin, 15 minute et 27 pesetas en moins plus tard, me voilà sur une rue poussiéreuse, dans une ville poussiéreuse, écrasée par le soleil tropical, sans aucune envie de faire « la touriste » et même pas de chercher la fameuse banque. Mais, mon sens du devoir aidant, j'ai commencé quand même à explorer les lieux, en décidant de commencer par me trouver un T-shirt « souvenir », de préférence un peu plus convenable pour le climat local que ce que j’avais dans ma valise. Ben oui, j'étais plutôt préparée pour l’Antarctique et les glaciers, et je croyais naïvement que l'eau de la cascade et l'ombre de la forêt me protégeraient suffisamment de la chaleur raisonnable d’un mois de mai. C'est que je ne connaissais pas les tropiques...
Je suis donc entrée dans une petite échoppe où deux fille tuaient le temps en papotant de plus belle, et où , comme d'habitude, prise de remords après avoir interrompu leur conversation et étaler toute leur marchandise sur le comptoir, je me suis sentie obligée d'acheter à prix d'or un T-Shirt assez moche, qui avait quand même le mérite d'être blanc.
Apres cet achat, de nouveau en route ! Sauf que, mon organisme n'étant plus habitué avec une telle chaleur (en Auvergne, même en pleine été, ce n'est pas comparable), pire encore, tout de noir vêtue sous ce soleil de plomb, je vous dit qu'il me fallait de la volonté déjà pour chercher la banque, alors, visiter la ville, ben, c'est vraiment très vite que je n'ai plus ressenti aucun intérêt ! Surtout qu’après avoir fait quelques kilomètres (bon, j’exagère un peu, mais dans ces circonstances les distances me paraissaient forcément énormes) pour trouver la banque, elle était déjà fermée, avant l'heure ! D'un coup je suis entrée dans une pâtisserie où je me suis acheté de l'eau, (déshydratation oblige) après quoi je me suis vite intéressée de la station de bus pour le retour à l’hôtel.. Et c'est donc de cette station, assise par terre (ou presque) devant une cafétéria dotée d'une terrasse ombragée où des petits et des grands savouraient leur glaces que je me suis appliquée à étudier la ville et ses habitants, tout en sirotant lentement mon eau (ben oui, vu mes problèmes digestives, c'était tout ce que je pouvais me permettre) ...

D'autres gens attendaient eux aussi avec patience autour de moi, des indigènes, dont une jeune et son compagnon qui m'ont confirmé que le bus qui va à mon hôtel doit s'arrêter dans cette station, mais aussi des étrangers, comme ces deux jeunes « hippies » parlant anglais. J'ai regardé attentivement les bâtiments dans cette rue, des maisons avec un seul étage, avec des magasins au premier niveau et des fenêtres sans rideaux, ou même avec les volets fermés, au deuxième, dommage que je n'ai pas pris mon appareil pour faire des photos, mais j'étais tellement sûre que nous reviendrons le lendemain... Pour tout dire, cette rue me faisait pensé bizarrement à certaines rues des villes de Roumanie, dans la pleine du Danube, Caracal, ou Zimnicea, ou peut être Turnu Magurele : là aussi les chaleurs d’été sont écrasantes, et les maisons anciens (pas les récents bâtiments communistes) sont plus ou moins semblables…

Après une certaine attente, le bus est arrivé enfin, j'ai eu même une place devant, à la fenêtre, et comme il a traversé tous les quartiers de la périphérie de la ville, j'ai pu voir assez pour me rendre compte que c'était une petite ville poussiéreuse, de steppe, comme il y a partout dans le monde. C'est par conséquent sans regret que je suis arrivée à notre hôtel, juste à temps pour prendre une bonne douche et pour me préparer pour le dîner.
     
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