mardi 4 mars 2014

Argentine J 5. El Calafate

Because la grève générale de mardi nous voilà arrivés à El Calafate plus tôt que prévu, i.e. lundi vers 17 heures, après seulement une petite heure et demie de vol. Rien à voir quand même avec le voyage infernal que nous aurions pu faire le lendemain si nous avions insisté de continuer avec le programme du voyage convenu à priori avec l’agence, c’est-à-dire l’excursion en train dans le Parc National Terre de Feu. Mais nous restons avec un regret quand même, malgré le fait que nous nous sommes débrouillé, comme vous allez voir, à bien remplir la journée de mardi, journée sans aucun programme prévu d’avance, vues les circonstances !
Comme je disais, après une heure et demie nous étions déjà à El Calafate, prises en charge par un employé de l’Agence. Quand même, le voyage organisé par une agence, en occurrence Argentinian Explorer, c’est vachement plus commode et même absolument obligatoire pour une excursion de courte durée à une telle distance de chez nous. Car faire tant d’heures en avion pour qu’après ne rien voir ou presque du pays qu’on visite, c’est vraiment frustrant. Je me rappelle notre premier voyage aux USA, quand nous avons passé une journée à nous tourner les pouces dans l’appartement de mes copains. Vu que cette journée représentait plus de 10% de notre voyage, vous comprenez bien qu’il y avait là une leçon pour tous nos voyages futurs : les voyages longues-distances il faut impérativement les organiser à l’aide d’une agence ! Et à cette occasion particulière nous étions trop contents d’avoir suivi à la lettre notre décision de l’époque.
Mais je vais revenir à mon histoire: un peu désarçonnés à la vue de l’aéroport « international », nous avons suivi le guide et monté dans un microbus à côté d’autres voyageurs. Après un quart d’heure ou quelque chose comme ça, le microbus s’est arrêté dans une ruelle poussiéreuse et nous étions invités de descendre devant une petite maison au milieu de nulle part. C’était notre hôtel ! Même pas le grand hôtel isolé seul dans les champs avec vue vers le lac, où nous avons laissé un jeune couple sur le parcours ! Hou là là, je me suis dit en regardant le paysage alentour, j’en ai fait une, car c’était moi l’organisatrice du voyage ! L’hôtel était plus petit encore que celui d’Ushuaia, mais je dois reconnaitre que la chambre, au premier étage, était correcte, très propre et lumineuse, même si pas vraiment luxueuse avec sa salle de bain aux robinets toujours pas trop bien fixés, (il fallait faire très attention pour que l’eau de la douche ne noie pas tout alentour) mais fonctionnelles. Le manque d'étagères, armoires ou quoi que ce soit pour mettre les objets personnels n'était pas un problème non plus, vu les deux lits suplémentaires dans notre chambre. Par contre, le voisinage, vraiment désolant au premier abord… Regardez un peu les photos pour comprendre mon ressenti  en arrivant à l’hôtel.
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El Calafate, vu de nos fenêtres. Devant l’hôtel, « rue » vers le centre.
Notre chambre
Une maison sur la route qui va de l’hôtel vers le centre


A peine montée dans la chambre j’ai aussitôt descendu à la réception où une fille joyeuse, contente de pouvoir parler un peu l’anglais, a essayé de me convaincre que l’hôtel est vraiment pas très loin du centre, ce que j’avais du mal à croire. C’est que je ne connaissais rien de cette ville. Pour vérifier ces dires et aussi parce qu’il fallait trouver quelque chose à manger, nous avons laissé nos bagages tels quels et nous sommes partis illico presto « en ville ».
Je dois vous dire que finalement, en ce qui me concerne, je n’ai pas été déçue, j’étais même agréablement surprise ! Qu’est-ce que ça pouvait me faire que notre rue n’étaient pas goudronnée, ou qu’il y avait de la poussière sur la route, parfois même de l’eau à cause des fuites de canalisations, quand de chez nous jusqu’au « centre-ville » (c’est à dire la zone « civilisée », avec des magasins, des banques, des rues asphaltées et même une église) il n’y avait que 10 minutes à faire à pieds (ben oui, la réceptionniste avait raison !). Ou les chiens errants, encore plus nombreux ici qu’à Ushuaia, qui n’étaient pas du tout effrayants, car trop bien nourris par les habitants, quand le ciel était d'un bleu si intense ?! J’étais plutôt compréhensive, car je savais que l’explication pour cet état de choses à El Calafate, comme à Ushuaia, était très simple : le boum immobilier, du au développement intempestif du tourisme. «Vu le rythme effréné des nouveaux arrivants, la municipalité a déjà un grand mérite d’avoir assuré l’électricité et le sanitaire dans les nouveaux quartiers » nous disait notre guide le lendemain.
Ben oui, car El Calafate, située au pied de la Cordillère des Andes et au bord du lac Argentino, est une ville encore plus récente qu’Ushuaia, même si elle fut, officiellement, fondée par l'Etat argentin en 1927. Lequel état, afin de consolider le peuplement de la région, utilisa comme instrument privilégié la promotion de l’élevage ovin et par conséquent eu besoin dans la région d’un comptoir c’est-à-dire d’une plateforme de transit pour le commerce de la laine. Mais, malgré le succès indubitable de cette politique, au moins jusque dans les années ’50, avant l’effondrement des prix de la laine, en 2001 la ville comptait seulement 6 143 habitants.
Finalement, ce qui a fait la richesse de 'El Calafate ce n’est pas le commerce de la laine mais sa situation en bordure du Lago Agentino et surtout sa proximité avec le Parque nacional Los Glaciares et sa vedette, le glacier Perito Moreno. Preuve, si il en faut, que les dernières années, du à l’engouement de plus en plus grand du public pour la nature sauvage et surtout pour les glaciers la population de la ville a été multipliée par quatre. En cause aussi la dévaluation du peso qui a permis l’arrivée des beaucoup des touristes étrangers et surtout la crise financière de 2001 qui a frappé de plein fouet Argentine, faisant que des nombreux habitants de Buenos Aires, sans perspectives dans la capitale, viennent dans le sud pour tenter leur chance et essayer de profiter de la manne touristique.
http://www.leglobeflyer.com/consulter-reportage-577-argentine.html

Bref, aujourd’hui la ville compte plus de 20000 habitants, ce qui fait que les nouvelles maisons, parfois construites seulement en tôle, parfois plus cossues, sont apparues comme les champignons après la pluie ! Malgré ça, la ville, dont le nom vient d’ un arbuste épineux le Berbéris à feuilles de buis caractéristique à la région, avec des fleurs jaunes, et des baies de couleur bleu-noir semblables aux myrtilles (utilisées pour liqueurs et confitures, j’en ai même acheté, miam) a su rester une petite ville décontractée, avec des habitants accueillants, qui aiment et protègent la nature environnante qu’ils savent préserver en promouvant un tourisme écologique. Heureusement pour les eaux d’un bleu laiteux du lac Argentino et ses glaciers millénaires, même si la réserve écologique de la lagune Nimez ne nous a pas trop convaincu : un prix d’entrée trop grand pour pas grand-chose à voir, hein…
Pour revenir à mon histoire, une fois sur la rue principale, nous avons trouvé non seulement une multitude de boutiques de souvenirs, dont un joli complexe de chalets en bois, mais aussi des restaurants où des moutons entiers se faisaient rôtir sur des feux de bois dans des vitrines. Finalement nous avons même mangé plusieurs fois dans l’un d’entre eux et je vous assure que nous avons été chaque fois super-contents de nos énormes entrecôtes grillées, même si pas au feu de bois dans la vitrine !
La première maison de la ville Et le déjà célébre arbuste qui lui a donné le nom
Arts and crafts sur la rue principale Devant l'intendance du parc national Los Glaciares
Impréssionant, hein... Des boutiques, toujours des boutiques...
Un ibis sur la jolie pelouse d'un hôtel  prés du notre. La lagune Nimez et ces flamants roses sur l'eau



Mardi matin nous sommes partis assez tôt vers le centre, car pas de temps à perdre si on voulait organiser quelque chose pour la journée. D’une agence à l’autre, nous avons finalement opté pour une excursion en 4x4 à Cerro Frías, un parc « d’Eco Aventure » situé au milieu de la steppe Patagonique. http://www.cerrofrias.com/cerro_frias_eng.asp
Et nous avons bien fait ! Je dois dire que cette petite excursion est restée un des meilleurs souvenirs de ce voyage, l’unique occasion pendant ce voyage de comprendre la fascination exercée par la mythique Patagonie. Le parc Cerro Frias était à l’origine une petite estancia, avec seulement 400 de vaches. Mais comme 400 vaches en Argentine ne suffissent pas à faire vivre une famille, les fermiers se sont diversifié en profitant de la position géographique de leur propriété : une montagne isolé au milieu de la plaine qui borde le lac Argentino, ne faisant partie d’aucune chaîne montagneuse et offrant ainsi des vues exceptionnelle sur le lac et sur la chaine des montagnes environnante. Ils organisent ainsi des balades à pieds, à chevaux ou en 4x4 et comme en plus ils ont la chance d’avoir des grands arbres sur leur terre, ils ont pu faire aussi des tyroliennes. Comme je disais, nous avons choisi la balade en 4x4. Le circuit commençait par la montée d’une pente assez raide sur des chemins défoncés et nous allons vite comprendre pourquoi le 4x4 est le seule véhicule capable de la monter. Nous avons même la satisfaction de voir un petit auto-tourisme qui essayait nous suivre (illégalement, car propriété privée) rebrousser chemin !
L’excursion prend vite l’allure d’une véritable aventure et les guanacos qui font concurrence aux vaches dans la pampa renforcent la sensation. Nous atteignons le premier point de vue naturel et le guide qui est aussi notre chauffeur nous fait descendre pour admirer le paysage, le lac Argentino en toute sa splendeur, la Cordillère des Andes, le ruisseau qui coule dans la vallée. Il est intarissable sur l’histoire la géologie et la géographie des lieus, plein d’enthousiasme et de passion pour son métier et son pays. Nous apprenons ainsi pas mal des choses sur la Patagonie et pas seulement, c’est de loin le meilleur guide que nous avons rencontré, au moins pendant ce voyage ! Par exemple, nous apprenons ainsi qu’avec quelques rares prédateurs et pratiquement aucune concurrence pour les pâturages (le seul mammifère rival est le guanaco), la région est la mieux adaptée au monde pour l’élevage. Les vaches sont laissées en liberté sur la propriété pendant toutes les saisons, elles descendent dans la vallée pour boire l’eau dans la rivière, l’hiver elles cherchent l’herbe sous la neige en tapant avec le pied, donc elles se nourrissent exclusivement avec cette flore exquise que nous pouvons admirer tout autour, jamais de l’aliment, pour la simple raison que là, l’élevage ne sera plus du tout rentable ! Quant à la race, ils élèvent des vaches de race anglaise Pelled Hereford (c’est-à-dire Hereford sans cornes) mieux adaptées au climat rigoureux de la pampa. Et voilà, maintenant nous savons pourquoi les entrecôtes sont si savoureuses ! http://www.latitud-argentina.com/blog/quid-viande-argentine/
Enfin, l’itinéraire est repris jusqu’à Cerro Frias qui est une butte d’une hauteur de 1030 mètres, d’où nous avons une vue imprenable (pour utiliser une métaphore en vogue) sur toute la chaine des montagnes de la Cordilière des Andes et aussi un petit aperçu de la force potentielle des vents locaux pour comprendre ainsi une des raisons de l’inexistence de hauts arbres, remplacés ici par des plantes basses, mais, oh, combien splendides !
Sous les rafales sauvages du vent, le guide nous montre les divers points d’intérêt, la montagne Fitz Roy (200 km au nord), les frontières du Parc nationale des glaciers et l’itinéraire de nos excursions les jours suivantes, les Brazo Rico et Norte du Lac Argentino, la Péninsule de Magellan et même le massif del Paine (au Chili). La descente se fait sur une route aussi escarpée et dangereuse mais sur le versant sud de la Colline Frías, jusqu'au ranch où il y avait l'abri des chevaux (qui intéressaient mon mari) mais aussi un bon restaurant, qui nous intéressait tous les deux et où nous avons pu manger avec un bon appétit du pain fait maison et la toujours bonne viande de bœuf, en attendant le microbus qui allait nous ramener dans la ville.




Le lendemain nous allons pouvoir reprendre notre programme de voyage établi avec l’agence. Et heureusement, vu que les étapes suivantes repesent en fait le principal objectif de notre voyage à El Calafate et même en Argentine : approcher le plus près possible des glaciers et des icebergs. Mais je vois qu’avec toutes ces photos la page devient trop importante (et lourde à charger) alors je vais ouvrir une autre ! Bonne continuation !

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