samedi 12 mars 2016

Vietnam du Nord au Sud en 10 jours. J5. Hué

Nous commençons la journée en nous « culturalisant » : visite au musée d’art contemporaine Le Ba Dang et de la maison-musée de Diem Phung Thi. Bien sûr, les deux sont des artistes reconnus dans le monde, pour le peintre, j’ai bien aimé certaines œuvres et moins (voir pire) d’autres, trop violentes, quant à la sculptrice, ben, c’est le XXe siècle, avec Brancusi et compagnie.

C’était assez plaisant quand même et pas seulement à cause des peintures et sculptures moderne exposées là, mais aussi de l’environnement, avec le fleuve Sông Hương (rivière des Parfums) et ce restaurant rempli de monde même à neuf heures du matin, (lequel s’avère à être la terrasse du restaurant   l’Ancient Hué)les maisons, le jardin, avec l’oiseau en cage pour attirer les autres oiseaux  et les arbustes en fleurs, on entrait ainsi un peu dans la vie des Vietnamiens aisés.
 





Suit la visite du palais-mausolée que l’empereur Tu Duc s’est fait construire de son vivant, entre 1864 et 1867.

 Situé dans une forêt de pins aménagée en terrasses, le mausolée est composé d'un ensembles de 50 monuments et  des jardins d’influence romantique française (il me semble), où  les temples et les pavillons d'une architecture traditionelles  vietnamiennes sont entourés  des lacs et canaux remplis de lotus, avec au milieu des entassements de rochers évoquant la poésie du passé et « portant les âmes à des contemplations sublimes ». 

La pancarte de l'entrée explique d’ailleurs en vietnamien, anglais et français que l’empereur TUDUC, qui a régné de 1848 à 1883, a fait construire ce mausolée comme deuxième résidence « pour venir s’y promener et oublier les soucis que lui causaient les affaires nationales et ses problèmes familiaux ». Il faut croire qu’il est venu souvent, vu qu’il y a écrit 1500 poèmes et qu’autrement sa règne a été plutôt catastrophique pour le pays, si on croit les historiens : http://www.universalis.fr/encyclopedie/tu-duc/ En tout cas, moi, dès l’entrée, j’étais sous le charme. Et il y avait de quoi : regardez les photos, s.v.p., dans l’ordre de la visite, en commençant avec la première que j’ai fait, of corse !


Ce qui est intéressant c’est que l’empereur n’est même pas enterré dans son mausolée, qui par conséquent n’en est pas un : il est enterré dans un lieu voulu tellement secret, que les deux cents personnes qui en savaient la place ont été tué par précaution. Pour pas que la tombe soit pillé, hein…

En tout cas, sur la stèle de granit de plus de 20 tonnes il a fait graver les faits marquants de son règne: je suis curieuse si il a marqué les « exactions de bandes de pirates chinois les brigandages, les soulèvements (en particulier en 1854, 1862, 1874), ou l'intervention coloniale française… Va savoir… Bon, lui il n’est pas enterré ici, mais au moins la reine y est, même si sa tombe n’est pas aussi grande et ni entourée de tant d’éléphants chevaux et soldats que celle de l’empereur !
Après ce somptueux mausolée nous sommes allés visiter un encore plus somptueux : si si, c’est possible ! C’est celui de Khải Định , arrière neveu de Tu Duc, car "le pauvre" Tu Duc n’as pas eu d’enfants et a dû laisser le trône à son neveu, dont Khải Định est le fils. Vous suivez ? Ben, ce Khải Định, arrivé au pouvoir parce que les Français l’ont bien voulu, a trouvé le moyen de se construire un mausolée de toute beauté, mais qui  lui a couté la peau de fesses. Bon, pas à lui, mais au peuple vietnamien à vrai dire, qui a vu à l’époque les impôts augmenter de 30%. Mais au moins aujourd’hui, en l’inscrivant dans le circuit touristique, et même dans le patrimoins mondiale de l'UNESCO, il en profite peut être…

En tout cas, dans ce mausolée, encore plus que dans le précèdent, on voit l’influence française, car même le guide nous dit que l’empereur avait un vrai culte pour la France (ben, c’était la moindre des choses, vu que c’était la France qui l'a mise en place, hein !!!). Construite en béton sur les pentes de la montagne Chau Chu, le mausolée mélange les éléments traditionnels vietnamiens, comme les chevaux et les soldats dans la cour de cérémonie, ou les dragons sur les murs de la résidence Thien Dinh, avec des éléments d'architecture française, comme les fleurs de lys ou le soleil style art déco derrière le sarcophage de l’empereur, dans le temple.

La résidence Thien Dinh, l’édifice principal du mausolée, contient trois parties : deux salles d’attente, latérales, où sont exposé des objets et photographies de l'époque, des porcelaines français et une statue en bronze de Khải Định fondue à Marseille et la partie centrale qui abrite à la fois le temple et le tombeau de l’empereur, avec les murs entièrement carrelés de mosaïques faites à partir des céramiques importées du Japon ou de Chine et sa tombe, sur laquelle trône une statue en bronze doré, ayant derrière le soleil. L’empereur lui-même est enterré sous cette statue, à une profondeur de 18m.
Impressionnant, n’est-ce pas ? Qu’est-ce que ne faisaient pas ces empereurs et impératrices, plus ou moins de pacotille, de l’Asie de l’époque, je me suis dit en regardant avec admiration ces décorations fastueuses, en pensant au bateau en marbre du palais d’été de Pékin. Mais, encore une fois, au moins après eux il en reste quelque chose, les rois démocrates de nos jours ne font qu’augmenter les impôts et les dettes des pays sans laisser rien derrière eux, lol…

 Suit une nouvelle visite, cette fois dans un atelier de fabrique de chapeaux coniques (parait’ il la spécialité de la ville) et bâtons d’encens,après quoi nous allons enfin au restaurant. Mais là, ça commence à être fabuleux, avec un cadre magnifique et un repas sur mesure, tout est fait pour confirmer la renommée de Hué, dont la cuisine est considérée la meilleure du pays par les Vietnamiens. Quoique : le “bun bo hue”, avec des nouilles de Hué et de la viande de bœuf ne m’a pas laissé un souvenir impérissable, par contre, le cadre, whaou…Dommage que je n’ai pas pu identifier le restaurant, mais si quelqu’un le reconnait dans mes photos, il est prié de me faire signe…

Une fois fini le repas nous allons au marché couvert de Dong Ba, le plus important de Hué, pour un premier contact avec les marchés traditionnels vietnamiens. Et pour un premier contact, c'en était un! Nous étions tous vraiment ébahies, pourtant, le vieux quartier du Hanoi aurait dû nous en préparer, mais là c’était la totale: les marchandises s’empilent du sol au plafond, des épices, des tissus, des chaussures, des chapeaux, des légumes, des viandes, des fruits de mer, des ferrailles, de tout, quoi ! Nous circulons difficilement entre ces tonnes de marchandises dans des couloirs étroits, remplis de monde, sous une lumière de néon discrète et dans une atmosphère brumeuse, sous les regardes indifférentes, voire parfois vaguement hostiles des commerçants dérangés dans leur travail par des curieux qui ne leur achètent jamais rien…
Après le marché, nous continuons notre tour vers la pagode de la Dame céleste qui surplombe la rivière des Parfums avec son stupa octogonal de 6 étages érigé en haut d’un escalier monumental.
Là nous nous arrêtons béats devant la grande cloche et les trois statues traditionnelles des gardiens protecteurs du temple, nous caressons la tête de la tortue, nous regardons impressionnés la voiture Austin avec laquelle le moine Thich Quang Duc est allé à Saigon en 1963 pour s’immoler en signe de protestation contre la répression anti-bouddhiste ordonnée par le président Ngô Đình Diệm2 (à propos, wikipedia, le fait que le président était catholique n’est pas relevant pour la politique de son gouvernement. Par contre, le fait que vous le mentionner relève d’une certaine attitude hostile envers le catholicisme, que j’ai pu apercevoir déjà en France et pas seulement. Et je ne suis pas catholique !) et nous entrons enfin dans le sanctuaire principal où un Bouddha joyeux, le sourire jusqu’aux oreilles, le Bouddha du futur, Maitreya, nous reçoit entouré de ses disciples.

L’endroit serve aussi d’école pour les petits moines bouddhistes et nous allons rencontrer plusieurs en traversant le jardin. Et à propos de jardin, il est magnifique, très soigné et rempli de belles lanternes en pierre et des bonsaïs que j’ai photographié à tour de bras !
Nous finissons la journée avec une croisière « en bateau royal » sur la rivière des Parfums (il n’y a plus les arbres sur les rivages pour parfumer la rivière, mais elle garde son nom quand même) où nous avons lâché dans l’eau de très poétiques lumignons et ensuite nous avons participé à un diner costumé pour prouver que le ridicule ne tue pas, surtout si on mange bien!
  

http://brebenei.blogspot.fr/2016/03/vietnam-du-nord-au-sud-en-10-jours.html

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