mardi 8 mars 2016

Vietnam du Nord au Sud en 10 jours. J3-4.La Baie d'Ha Long



On se lève de nouveau à 5.30 pour être prêts à 7.30 avec les bagages dans le hall : nous avons une longue route devant nous, la valise va rester dans le coffre du bus et on va partir avec le sac à dos pour la baie d’Ha Long, car nous allons dormir sur un bateau dans la baie. (Ha, Ha !)…

Un petit déjeuner vietnamien (ben oui !) où je découvre que les pommes ne sont pas des pommes, mais des « jujubes », c’est-à-dire « táo tàu » et après je monte dans le bus pour une nouvelle virée à travers la campagne nord-vietnamienne. Le paysage c’est le même qu’hier, des rizières, parfois avec des tombes au milieu de l’eau, des vélos surchargées, des « magasins de chaussures » au bord de la route, c’est-à-dire des dizaines de chaussures alignées par terre, des gens qui jouent au Backgammon ou quelque chose de semblable… Mon mari mitraillait toujours le paysage par la fenêtre du bus: faut croire que la vie là-bas l’intéressait vraiment, car d’habitude je dois le pousser pour qu’il en fasse. Dommage que le voyage n’avait pas plus des contacts avec les gens du pays et leur vie de tous les jours, pour le prochain je vais y penser !

Nous avons pris, la route nationale QL10, parfois même avec des péages et avec 3 voies de chaque côté. Après Nam Dinh, (j’ai même une photo de leur stade olympique), nous avons traversé le Fleuve Rouge, puis le fleuve Thai Binh, avant de Hai Phong et nous voilà arrivés à Halong, pas dans la Baie, mais dans une ferme-musée touristique d’ostréiculture, avec un grand magasin pour nous faire acheter des perles de culture et autres coquillages. Je pense que c’était celle de l’entreprise mixte avec les Japonais, Joint Stock Company Halong Pearl, 98, rue Le Loi, Bach Dang, Ha Long… Aucune importance, par ailleurs, car je n’avais rien acheté : trop de marchandises me coupe l’élan d’acheteuse, en plus mes petits perles de culture achetées en Chine en ’79 me suffissent amplement pour ce que je mets de perles, lol…

Enfin, après le plein des perles et la leçon d’ostréiculture, les photos dans la boîte, nous allons rejoindre le sampan qui nous amène à notre bateau. Mais pas avant d’avoir enfilé des grosses gilets de sauvetage, me voilà rassurée, ouf ! Deux minutes plus tard, le temps de nous débarrasser de nos gilets, nous voilà monté au bord de notre « jonque traditionnelle », « Calypso Cruiser », rien que ça…

Après la présentation du capitaine, accompagnée d’un jus de fruit de bienvenue, le guide fait la répartition des cabines. Nous, toujours parmi les derniers, malgré le fait que le groupe a été divisé par deux à cause de la capacité du bateau, nous avons eu le droit à une cabine en bas de l’escalier, à l’arrière du bateau, mais assez confortable et de toute façon je suis trop contente d’être sur un bateau dans la baie d’Ha Long et d’y dormir. Surtout si on ouvre un peu les fenêtres pour faire entrer l’air et écouter le clapotis des vagues par la même occasion… Mais nous n’avons pas trop le temps de prendre la possession des lieux, car, une fois vite changée la chemise (on transpire énormément dans ces contrées tropicales, surtout moi, qui suis encore enrhumée !) il faut monter au restaurant pour le déjeuner.

La salle à manger du bateau est entourée de baies vitrées, donc pendant le repas nous pouvons déjà commencer à admirer les paysages et apercevoir les premiers ilots émerger de l’eau. Le repas et particulièrement bon et bien présenté, la bière choisie (car j’aime les essayer toutes), Hanoi, fraie à souhaite, accompagne bien les plats, donc c’est tout à fait satisfaite qu’une fois fini le repas je monte sur le pont supérieur du bateau. C’est de loin l’endroit idéal pour profiter du paysage, surtout que le temps clement le permet, même si parfois le soleil entre derrière les nuages.

Et c’est parti pour 2 jours, enfin, plutôt 24 heures … à naviguer au milieu de l’une des « sept nouvelles merveilles de la nature », (selon la fondation suisse New Seven Wonders). Je dois dire ici, si je ne l’ai pas déjà fait, que moi c’est surtout pour cet endroit que j’ai voulu faire ce voyage… chaque fois que je voyais cette baie à la télé, je crevais d’envie d'y être !

Pas étonnant, vu que la baie d’Ha Long est sans aucun doute l’un des endroits les plus célèbres du Vietnam, les images de ses fameux pitons karstiques étant aussi symboliques pour le Vietnam que le Tower Bridge pour Londres, ou, le tour Effel pour Paris, ou encore, depuis quelques années, le palais du Parlement pour Bucarest. Par conséquent, je sais déjà que la baie s’étend sur une superficie de 1553 Km2, ses eaux abritent pas moins de 1969 îles karstiques, dont seulement 989 sont baptisées et qu’elle est inscrite sur la liste du Patrimoine mondial de l'UNESCO dès 1994.

Le guide nous avait déjà expliqué dans le bus comment, victime de son succès, il y a quelques années l’endroit était envahie par les touristes, auxquels s’ajoutant les habitants des villages flottants&co, avec le temps c’était devenu n’importe quoi, un vrai bidonville sur l’eau, ultra-pollué de surcroît. Et c’est alors que le gouvernement a pris des mesures, réduisant le droit d’y naviguer et d’y vivre (il n’y a plus qu’un seul village flottant), établissant une zone restreint interdite d’accès « La Réserve de biosphère de Cat Ba » qui a rejoint en 2004 le réseau de la biosphère (MAB) de l’UNESCO, pour la protection de la faune locale, en particulier une espèce endémique de singe qui est menacée, le langur de Delacour, etc… Bref, depuis, la situation s’est amélioré, même s’il y a encore beaucoup à faire, comme on dit, preuve que moi je n’ai pas vu des déchets flottants dans la baie, l'éau était propre et d'une superbe couleur éméraude, mais c’était le début de la saison touristique pour les occidentaux, le mois de novembre 2015, donc je ne peux pax généraliser…

Bizarrement, il n'y avait pas non plus tant de monde que l'on disait, nous étions  quasiment seuls sur cette étendue: on voyait c'est vrai quelques bateaux comme le notre et au loin une ou deux  barques avec des pêcheurs, ou des jonques de transport de marchandises, ce qui etait plutôt agréable. 

Nous naviguons ainsi deux heures à travers la baie, au milieu des pitons rocheux boisés, de plus en plus nombreux et de plus en plus majestueux, jusqu’au lieu où le bateau a jetté l’ancre pour la nuit… Là, les autres passagers ont quité le bateau pour aller visiter une grotte, seuls mon mari et moi nous avons préféré  rester sur le bateau, à nous prélasser au soleil sur les transats mises à notre disposition sur le pont supérieur.

Le temps est au beau fixe et la beauté des lieux est à la hauteur de mes attentes. Aucun bruit, sauf le vent et les vagues, le silence devient presque assourdissant…le petit chien du capitaine qui gambade dans tous les sens s’amusant à fureter dans les recoins, mon mari qui s’endort tranquillement sur son transat et, pour compléter le décor de carte postale, la barque de la vietnamienne qui, en renonçant de croire qu’elle peut nous vendre sa marchandise, s’éloigne avec la petite gamine qui l’accompagne apprenant déjà à ramer avec le pied… toute est là pour profiter pleinement de ce moment. Et nous profitons !

L’arrivée de nos compagnons de voyage interrompe la rêverie, alors je me dis qu’autant participer maintenant à côté d’eux à la deuxième partie du programme de la journée, c’est-à-dire la visite de l’île Ti Top. Pour ne pas dire que je n’ai pas mis les pieds sur une de ces iles qui ont émergé de l’eau depuis le Paléozoïque (whaou !) et qui ont vu tant des batailles, des pirates et autres envahisseurs !


Ben, vous n’allez pas croire, mais le nom de l’ile vient du cosmonaute russe Titov (tient donc, Titov je l’ai vu de près quand il a visité Ploiesti en 1961, j’ai même une photo, lol) qui a visité l’ile avec l’Oncle Ho en 1962 et est tombé en extase devant le paysage.
Belle plage, même si je n’ai pas nagé (ça manquait que ça, avec mon rhume !), belle vue, même si je dois avouer que je ne suis pas monté jusqu’en haut (je me suis épuisé une fois avec les 400 marches de l’échelle en bois de la Montagne Ceahlau en Roumanie, ça m’a appris! Et j’avais 19 ans à l’époque, hein…) mais je n’ai pas trouvé l’endroit transcendantal… Sauf peut-être le coucher de soleil sur la baie, magnifique, mais le même soleil, sinon encore plus beau, était celui que je peux voir dans les photos de mon mari, qui, lui, il est resté sur le bateau ! Ah, oui, j’ai oublié les arbustes endémiques, Ficus alongensis Gagnep et autres hibiscus tilliacesus…

De retour au bateau (le grand, la promenade vers les iles se faisant sur des petits bateaux, ou sampans,  avec les gilets de sauvetage adéquates, etc…) nous le retrouvons entouré d’un grande nombre d’embarcations ayant jeté l’ancre dans le même endroit, une vrai ville, avec ses lumières étincelantes qui se reflètent dans la baie… D’une certaine manière, même si on regrette un peu le mystère apaisant de la solitude initiale, cette variante aussi, festive et joyeuse, était finalement plaisante…

Le reste de la soirée a été à la hauteur, avec les plats mirobolants et leur présentation artistique, précédés par l’inévitable leçon decuisine. Cette fois c’étaient « des rouleaux de printemps »  (décidément, il veulent nous apprendre la cuisine vietnamienne, ils doivent avoir des intérêts dans l’exportation des produits alimentaires, ou quoi ?) plus un cocktail sur le pont du navire, dont je n’ai rien compris: en commandant deux, mon mari a reçu un en cadeau, qu’il a donné à un de nos camarades. Sauf que finalement le camarade buvait son cocktail comme tous les autres passagers et c’était nous que le barman a oublié de servir et qu'il a fallu lui expliquer mille fois le pourquoi et comment jusqu’il dédaigne de nous les préparer. Pff…


Enfin, après le repas, en allant vers la cabine, nous nous sommes arrêtés pour nous essayer à la pêche, mais sans le savoir-faire nécessaire nous sommes partis bredouille ! N’empêche, seuls dans la nuit, les lumières sur la baie, nous étions comblés, quand même !

Le lendemain, debout 6h pour le cours de taï chi. Non, non, je n’ai pas participé, je n'ai fait que regarder, car j’étais encore enrhumée et le temps n’était pas des plus favorables : une bruine froide d’automne remplaçait le soleil d’hier.

Après le tai chi des autres, un bon petit déjeuner et hop, de nouveau les gilets de sauvetage, le petit bateau, départ pour la baie de Lan Ha. Là, on nous dépose sur un quai où c’est toute une organisation pour nous permettre d’aller voir les petites singes : premièrement, à cause de la pluie, on nous donne des manteaux de pluie jetables à manches longues à enfiler sur les gilets de sauvetage; après, on embarque, soit à deux, en canoé, soit à 15, sur des petits "bateaux bambou", car on va passer sous un tunnel dont le plafond est très bas, pour arriver dans « la Baignoire des Fées », un petit lac intérieur entouré des abrupts falaises calcaires…Le clou du spectacle sont les petits singes, auxquelles les bateliers jettaient des bananes pour les faire courir sur les hauts parois presque verticales. C’était vraiment magique et j'ai adoré. Malgré la pluie, j’ai réussi à faire quelques photos, même si elles sont de mauvaises qualité, car je ne savais pas comment faire pour protéger quand même mon appareil, mais ça me fait vachement plaisir maintenant de les avoir…
 Et voilà ! C’était la dernière activité dans la baie. Suit une dernière croisière à travers la baie, un dernier repas, nous admirons au passage un des endroits où le film Indochine a été tourné, un dernier bon repas sur le bateau et le retour à Ha Long.
Encore quelques photos de cette dernière journée. Au total nous avons 326 dans la baie, une plus belle ou intéressante que l’autre. De mon point de vue. Un plaisir de les regarder maintenant ! Un plaisir que j’essaye de partager, hein…


Nous retrouvons notre bus et nous prenons la route QL 18 direction Hanoi, occasion pour mon mari de photographie une représentante Peugeot (co co ri co) et pour le guide de nous arrêter une fois dans du village Dong Trieu, réputé pour ses fabriques de poteries (où je me suis fait piégé et obligée de peindre, grrr…) et une autre fois dans un atelier de sculptures, chaque fois avec les magasins adéquats ; il me semble évident que le gouvernement a décidé aussi d’associer l’artisanat local à la manne touristique, lol…
 

Après, nous avons eu droit à la visite d’un magasin géant spécialement conçu pour les touristes, où je me suis acheté une grande écharpe en soie, pendant que mon mari se payait deux bouteilles d’alcool de riz avec un cobra et un scorpion dedans, les vendeurs nous assurant que sont à des prix cassés et même avec des ristournes, ce que, en calculant bien le taux d’échange, c’était totalement faux, mais enfin, on a des souvenirs, pas vraie ?

Ceci dit, à 18 heures nous voilà à l’aéroport de Hanoi, le guide du nord nous quitte et nous prenons tout seuls, comme des grands, l’avion de 19.05 pour Hué. Là, un autre guide, le plus rigolo des trois, nous attend à l’aéroport et dès qu’on est dans le bus il nous fait une démonstration de sa grande connaissance de la langue française, avec des jeux des mots qui surprennent tout le monde mais que bien sûr j’ai oublié ! Suit l’hôtel, le diner et la nuit de sommeil bien méritée !


Tam Coc
http://brebenei.blogspot.fr/2016/03/vietnam-du-nord-au-sud-en-10-jours-4hue.html..à suivre

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