mercredi 29 octobre 2008

I. Denver-Garden of the Gods-Royal Gorge-Alamosa-Great Sand Dunes-Taos-Santa Fe

St.Jacques d’Ambur-Lyon-Munich-Denver



Nous quittons la maison vers une heure du matin, car l’avion part de Lyon vers Munich à 6.30. Nous quittons Munich à 9.30 et, après quelques 10 heures de vol, à 12.30 (i.e. midi 30, ah le miracle du décalage horaire…) nous arrivons à l’aéroport de Denver où nous sommes prises en charge par notre fameuse guide, Catherine, dont je ne connais même pas le nom ne famille.

Dés le début elle nous montre son… « caractère » : affreusement speed, avec beaucoup des choses à faire à la fois et un grand nuage d’informations débitées à 100 à l’heure, je retiens forcément par bribes quelques-unes, essentielles pour notre futur immédiat, par exemple, qu’il y a des restaurants autour de l’hôtel et que c’est exclu d’aller à Denver par nous même, sauf par taxi, qui coûte plus de 50$. Vu la fatigue et l’évaluation instantanée du prix, mon mari  renonçait  aussitôt d'y aller et aussi  à l’idée de s’acheter un appareil photo Panasonic, comme prévu. D’ailleurs il ne l’achètera pas du tout aux USA: trop cher, même à Las Vegas. Il va l’acheter à l’arrivée en France, quand même, via Internet, juste pour se prouver que ça ne valait pas la peine: « mon petit et pas trop cher Kodak est, paraît-il, meilleur". Par contre, je n’ai pas pu comprendre, où retenir, ni le nom de tous ces restaurants, ni lequel et le meilleur, et, surtout, ni leur emplacement : informations données trop vite pour la pauvre roumaine que je suis et ça continuera pendant tout le voyage : surtout quand elle épelle les noms, je n’essaye même plus de comprendre ! …

Direction : Quality Inn (à propos, tous les hôtels sont soit Inn soit Lodge, les derniers situés forcément au milieu des forêts !), un hôtel, proche de l’Aéroport, ainsi dire, mais ça à l’échelle américaine, i.e. à seulement quelques 20 ou 30 km distance… J’exagère, of course, mais pas tant que ça, car les distances en Amérique, c’est quelque chose…


Le soir, après un petit tour à l’aéroport, nous trouvons un restaurant pas très loin de l’hôtel, « Ruby Tuesday ». Je ne sais pas si c’est celui indiqué par Catherine, mais l’atmosphère était vraiment sympa, quelque chose entre cossu, et country, et en plus nous avons très bien mangé : le « New Orléans Seafood », un plat du nouveau menu « spécialités » de la maison..

Denver-Alamosa


Nous commençons notre circuit à travers les canyons de l’ouest américain par un petit Denver-Tour qui n’était même pas prévue dans le programme, merci Catherine … Nous avons ainsi l’occasion de voir ce fameux Capitole, avec sa coupole en or de 24 carats et son intérieur en onyx rose,



et aussi de photographier quelques plaques minéralogiques vraiment folkloriques :
Puis, sur I25, direction Colorado Springs, plus précisément, Manitou Springs, sortie 146, N30, pause photo à l’intersection avec Gateway Road et… voilà the Garden of the Gods, magnifique introduction dans le monde du grès Navajo et Kayenta.



A propos : j’ai glané sur Internet quelques informations concernant les différents types de grès que nous avons rencontré dans ce voyage, et je trouve que c’est ici le meilleur endroit où je dois les mettre :

La Formation Kayenta apparaît fréquemment comme une couche cassée plus mince et sombre au-dessous du Grès Navajo et au-dessus du Grès Wingate. Les couches Kayenta sont typiquement de couleurs rouge au brun, formant des rebords cassés.

Le grès Wingate apparaît le plus souvent juste au-dessous de la Formation Kayenta et du Grès Navajo (toutes les trois formations sont dans le même groupe). Les couches Wingate sont typiquement de couleurs orange pâle à rouge.

La Formation Navajo est au-dessus du Grès Navajo et du Grès Wingate (toutes les trois formations sont dans le même groupe). Ensemble, ces trois formations peuvent aboutir aux falaises verticales immenses de 2,000 pieds (610 m) ou plus.

Le Grès Navajo forme fréquemment des falaises spectaculaires, des cuestas, des dômes, des bluffs qui sont généralement blancs en couleurs. Il peut être distingué des grès Jurassiques adjacents par son blanc à la couleur rose clair, et par ces formes arrondies.

La vaste gamme de couleurs, c'est-à-dire cramoisi, vermillon, l'orange, le saumon, la pêche, rose, d'or, jaune et blanc exposé par le Grès Navajo reflète une longue histoire de changement par l'eau souterraine et d'autres liquides souterrains pendant les 190 millions de dernières années. Les couleurs différentes, à part le blanc, sont causées par la présence de différents types et de la quantité dont se sont mélangés les minéraux tels que le fer ou les différents oxydes de fer, l’hématite, goethite et limonite en remplissant l'espace entre les pores de sable de quartz qui forme le Grès Navajo.

La présence du fer faisant les roches plus dures et plus résistantes à l’érosion que le grès environnant, donne naissance à des formes spectaculaire comme des rebords, des lames, des murs, des drapeaux, des tours et autres, qui se dressent au-dessus du paysage local dans des paysages surréalistes, ce que nous allons voir dans les jours qui suivent.


Nous continuons notre route sur I25, via Juniper Way, puis sortie 101 (vers Pueblo) pour US-50 direction Canon City un petit tour sur Highway 3A et voilà Royal Gorge Bridge, le pont suspendu sur la rivière Arkansas.

Sur tout le trajet la guide nous parle de la région, nous explique l’histoire et surtout la géologie des lieux, par exemple, à un moment donné elle nous montre la direction où se trouve la « célèbre » Messa Verde, occasion de nous expliquer qu’est ce que c’est une Messa, mais ce n’est qu’à la maison que je vais finalement comprendre, en lisant sur wikipedia.org que Messa n’est autre chose qu’une montagne qui fini, pas avec des pics, comme toutes les montagnes, mais avec un plateau. Et que Messa Verde et une de ces messa où il a d’importantes ruines indiennes.

Entre autres, nous passons à côté de l’Université de Denver, un grand terrain de golf (tu m’étonne ? avec tout cet espace… !), US Air force Academy, -un avion B52 posé dans le parc nous le prouve, et toute une ribambelle de ville américaine qui ne nous impressionnent guère, si je ne m’abuse…

Un repas frugal (pizza et ¼ glace, laquelle à vrai dire m’est resté à travers la gorge, c’est le cas de le dire, car, par manque de temps, il a fallu jeter le reste à la poubelle pour pouvoir vite monter dans la cabine qui nous faisait traverser la gorge Royale…), visite du site par tous les moyens : télé cabine, cable-train, et, en fin, sur le « célèbre » pont lui-même. J’ai pris plein des photos de partout, même sur le pont, malgré la craint que ces c..n d’américains ne me prennent pas pour une suicidaire… Car, il faut dire que la guide nous a avertis
qu’il y a des caméras partout et que dès qu’ils voient quelqu'un qui a une attitude qui leur semble suspecte, il se jète sur lui pour … le sauver !

Et comme j’ai vu plus d’une fois, et pas seulement dans les films, la police américaine en action…

Enfin, après cette visite, nous sommes allés sans tarder et même sans plus nous arrêter, il me semble, directement à l’hôtel d’Alamosa.

Alamosa- Santa Fé
Pour commencer, aujourd’hui nous irons voir le parc National « Great Sand Dunes ». Nous reprenons la direction Denver, sur les routes US-160, puis CO-150, en passant par La Vallée San Luis de Colorado, avec les Montagnes Sangre de Cristo sur notre droite.
Après à peu près une heure et demie, dans un espace triomphalement verdoyant et fleuri nous découvrons de loin les grandes vagues de sable blanc, parfois avec une sorte de voile plus foncé gris-noir dessus (le manganèse).


Après une petite montée sur les dunes et après nous avoir assez émerveillés de la beauté de ce paysage étrange, dont la formation est, comme d’habitude, largement expliquée dans le petit musée du Centre d’Accueil du site, nous retournons sur les mêmes routes vers Alamosa, puis, en prenant la US-285, (Estrella Road) nous sortons de l’Etat de Colorado pour entrer dans le Nouveau Mexique.
Nous sommes toujours dans la Vallée de San Luis, nous passons à côté d’un massif isolé, la Montagne de St..Antoine (San Antonio Mountains) et la route passe par des villes comme La Jara, Antonito (où nous pouvons aussi admirer un de ces immenses trains de l’historique voie de chemin panoramique qui est juste à côté de la route, Cumbres & Toltec Scenic Railroad, Romeo, et Conejo .
A l’intersection avec la route US-64 nous tournons à gauche, nous traversons les Gorges de Rio Grande, puis à droite sur NM-522 (Questa Road) et nous arrivons sur la belle place de la ville de Taos, une ville charmante est située sur un immense plateau à 7 200 pieds d'altitude, dans la vallée du Rio Grande, au pied des montagnes de Taos (près de 14 000 pieds). C’est une ville rendue célèbre, au début de XX siècle par une riche héritière, Mabel Dodge Luhan et depuis « envahie » par des artistes : il y a, paraît-il, plus de 80 galeries d'art... Quelques achats dans les magasins de souvenirs autour de la place, un petit tour dans l’hôtel La Fonda et un repas chez Ogelvie's bar & grill restaurant sur la place plus tard, nous continuons notre expédition sur la route NM-68. Non, je n’ai pas vu la maison de "Kit" Carson ni celles de Charles Bents ou de Mabel Dodge Luhan,http://en.wikipedia.org/wiki/Mabel_Dodge_Luhan, en fait je n’ai vu rien d’autre que cette place centrale et le hall de l’hôtel, le temps été trop court et je devais profiter des rares shops qu’on trouvait sur notre route pour finir avec les cartes postales et les cadeaux en général… Mais les photos que j’ai trouvées sur Internet me montrent beaucoup plus que ce que j’aurais pu voir dans ce laps de temps, car, de toute façon, leur visite n’était pas dans notre programme. Par exemple, regardez ici deux photos de la maison de Mabel:


Enfin, après une nouvelle rapide traversée de Rio Grande, une vingtaine de kilomètres plus loin, le premier peublo visité aux USA, le pueblo Taos, un village édifié aux pieds des montagnes Sangre de Cristo où habitent « the ancient Tiwa pueblo Taos Indians », phrase anglaise qui me donne l’occasion de dire que 1. le pueblo représente simultanément le peuple indien lui-même et son habitat et que les Indiens Pueblo Tiwa (ou Tihua, une sous-branche des indiens Pueblo) habitent dans ce « village » indien nommé « Saule pleureur » (car dans le dialecte Tiwa, Taos = saule pleureur), sans eau courante ni électricité, comme tous les pueblos, ou au moins ceux ouverts au tourisme, celui ci d’autant plus, en étant déclaré patrimoine mondial par Unesco.
Toutes les maisons sont construites en adobe, ( briques de terre crue séchée au soleil) le clou de la visite étant l’ensemble sur-étagé qui est l’emblème de ce pueblo, et des pueblos des amérindiens en général. En fait, on ne peu pas parler de bâtiment à plusieurs étages, proprement dits, car à chaque étage l’entrée se fait par une échelle particulière, venant directement du sol, donc les chambres de différents étages ne communiquent pas.Les habitants du village (150 permanents, et 1900 autochtones résidant sur les terres ancestrales , nous dit la guide indienne) vivent essentiellement du tourisme et des œuvres d'arts qu'ils créent: peintures, bijoux en turquoise ou autres pierres précieuses, poteries, tapis...

Avant de continuer avec la visite dans ce pueblo, je crois que c’est bien que je glisse ici quelques informations sur les Indiens des Etats Unis, informations que j’ai trouvées toujours sur le net, et que de toute façon doivent être prises avec des pincettes, tant elles reflètent le point de vue dominant, il me semble…


Région de déserts arides, de vertes vallées fluviales, et de hautes et raides montagnes couronnées de neige, le Sud-Ouest est en grande partie délimité par les actuels États du Nouveau Mexique et de l'Arizona, ainsi que par les régions septentrionales du Mexique avec de petites extensions au Texas, en Utah et au Colorado. On peut distinguer quatre grands groupes tribaux: les Pueblos, les Navajos, les Apaches et les cultivateurs du désert.

Même si l'on trouve des traces manifestes d'habitation humaine datant d'au moins 12.000 ans, c'est au Ier siècle av. J.-C. qu'apparaît la civilisation Anasazis, qui fut la première à bâtir ces fabuleux "pueblos", villages labyrinthiques de maisons cubiques imbriquées et encastrées dans de vastes cavernes. Au XIIIe siècle, les Anasazis absorbent la culture des Mogollons.

Ils perpétuent l'artisanat de ces premières tribus, surtout de la poterie et du tissage, mais aussi des mosaïques ou des sculptures. La culture des peuples connus des premiers Européens - les Espagnols arrivèrent au milieu du XVIe siècle - ne s'épanouit pleinement que vers l'an 900 de notre ère. A cette date ces tribus, les "Pueblos", les "Pimas", les "Papagos", les "Hopis", et les "Zuñis",- qui étaient les descendants des anciens Anasazis (nom Navajo signifiant "Vieux Peuple"), d'ethnies Hohokam et Mogollon - partageaient la même culture à des degrés divers. Par exemple, ils cultivaient les haricots, les courges, le maïs diversicolore, le coton et le tabac, confrontés à l'aridité ils reprirent les techniques d'irrigation de leurs prédécesseurs (Anasazi, Hohokam et Mogollons), et l'élevage des dindes. Ils produisaient de belles poteries torsadées, polies et peintes, tandis que leur costume consistait en couvertures et autres vêtements qui étaient tissés sur de hauts métiers verticaux. Ils abandonnèrent également leur premier style d'habitations troglodytes et de maisons semi-enterrées (pour échapper à l'écrasante chaleur), les Pueblos bâtissant de vastes demeures communautaires en pierres plâtrées d'adobe, tandis que les Pimas érigeaient des constructions en forme de dôme et couvertes de chaume, hogans, faites de perches, de broussailles et de terre, dont la porte était toujours tournée vers l'Est.

Vers 1400, d'autres peuplades arrivèrent du nord. Ces peuples, de souche linguistique athabaskane, sont aujourd'hui connus sous le nom de Navajo et d'Apaches. Tout un chapelet de pueblos le long de la vallée du Rio Grande furent abandonnés à cause de la frayeur qu'inspiraient les Navajos et les Apaches, lesquels s'infiltrèrent peu à peu vers le Sud-Ouest, où ils devinrent semi-nomades. Les Navajos habitaient principalement dans des hogans couverts de terre, tandis que les Apaches s'abritaient sous des wuckiups, sortes de tonnelles de broussailles souvent couvertes de chaume en herbe-d'ours. Ces derniers arrivants adoptèrent une grande partie de la culture du Sud-Ouest mais, avec l'acquisition du mouton, introduit par les Espagnols, les Navajos remplacèrent bientôt le coton par la laine. Ils devinrent des tisseurs de couvertures expérimentés et plus tard, dans les années 1850, ils furent initiés par les Mexicains à l'art de travailler l'argent, qu'ils associèrent aux turquoises de la région pour créer des bijoux raffinés très convoités.

La réserve indienne des Navajos du Sud-Ouest se trouve actuellement dans le nord-est de l'Arizona, elle est aujourd'hui la plus grande des Etats-Unis.

Quant aux Apaches, excellents et redoutables guerriers, nomades, ils se battaient contre les Navajos et chassaient. Les Apaches furent l'une des tribus à résister le plus à l'invasion américaine avant d'être finalement vaincus.


Dans le pueblo de Taos, en dehors des habitations traditionnelles (pita), ou des fours à pain qui ressemblent (proportions gardées) aux fours similaires du Baragan (le test, à prononcer tzest, en argile aussi et avec le même principe de «chauffage», j’ai mangé dans mon enfance un canard aux choux cuit dans un tel four, c’était une vraie merveille, preuve que je ne l’ai pas oubliée !), je note les deux églises (l’ancienne église, pittoresque, à côté de cimetière, et la nouvelle, San Geronimo Church, 1850), qui cohabitent harmonieusement avec les kivas, (chambres spéciales, dédiées aux rituelles religieuses mal comprises, je parle de moi-même, bien sûr) dont j’ai réussi à photographier une entrée.


J’ai réussi aussi à photographier un bâtisseur indien au travail (si, si ! regardez ici) avec sa permission, ça va de soi : dans mes voyages j’adore le contact avec les gens du pays, mais c’est beaucoup plus difficile à réaliser dans des circuits « accompagnés ». Heureusement, au risque de ne pas être bien vue, parfois je m’échappe au group et je le fais, quand même…
Enfin, nous finissons notre visite et nous reprennons de nouveau la NM 68, puis US 285/US 84 de Taos-Santa Fé, via le canyon de Rio Grande. Plus loin, à droite, la Black Messa … Nous traversons tours à tours Velarde, Riconado, Alcade, Espanola et autres Cuyamungue, les panneaux indiquent des directions romantiques, comme Lyden de Canova, Santa Cruz, Cimino, c’est clair, nous sommes au Nouveau Mexique.
Nous dépassons Cities of the gold road, Buffalu Thunder Road, Cuyamungue, et nous arrivons enfin à Santa Fé.

...la suite, ici!

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