mardi 4 novembre 2008

III.Albuquerque-Acoma-Grant-Window Rock

Albuquerque, Bee'eldííldahsinil en langue Navajo. La ville fondée en 1706 quand le Gouverneur Francisco Cuervo y Valdez écrivait une lettre au Duc d'Alburquerque lui rapportant qu'il avait édifié une villa le long des rives du fleuve Rio Grande.

Dommage que nous n’ayons pas de temps pour y rester encore plus. Déjà que deux villes, surtout Santa Fe et Albuquerque, deux villes qui méritent amplement de s’y attarder, à visiter dans la même journée… A Albuquerque, le soir, avant le dîner, à peine que nous avons eu le temps de voir un peu les vieilles voitures devant l’hôtel : un marché de vieilles voitures de collection ? Et le matin, à peine deux mots changés avec le gentil bonhomme qui est sorti de l’hôtel pour nous voir monter dans le bus,

un petit bout de country musique plus tard et nous voilà déjà de nouveau sur la route. La célèbre sixtie six, comme nous voyons sur les panneaux. Car, justement, la route légendaire 66 , qui lie Chicago, St.Luis, Tulsa, Oklahoma City, Albuquerque, Flagstaff, Los Angeles, fondue maintenant dans l’autoroute 40, et autres, est toujours fonctionnelle à Albuquerque où elle est devenue l'Avenue Centrale ou la "Rue Principale" (http://www.historic66.com/).



Pas pour longtemps, car nous prenons tout de suite I25, puis US-80, US-54, US-82, direction Sky City, i.e. Acoma Pueblo.

En route nous apprenons que le peuple Acoma parle le Keresan, un langage unique dans tout le sud-ouest (autres langues amérindiennes étant le taos, l'apache, le cheyenne, l'arapaho, le paiute, le shoshone et le ute) et que le pueblo Acoma est, avec la ville des hopi, Oraibi, la plus ancienne localité encore habitée des Etats Unis, déjà bien installée en 1540, quand les Espagnols l’ont vu pour la première fois, information diffusé largement sur Internet aussi. D’autres sources, sur Internet, contredissent cette dernière affirmation en disant que le pueblo a été construit juste à cette époque, comme un moyen de défense contre les Espagnols.

Je ne me tracasse pas trop de savoir où est la vérité historique et je ne me fatigue non plus de trouver de nouveau toutes ces sources, car de toute façon il me semble bien établi que les Indiens étaient là avant l’arrivée des Espagnols et je ne vois pas comment quelques maisons en adobe en plus ou en moins pourraient changer la donne ! Quant à l’ancienneté en elle-même, vu que je vie dans un pays où la grande majorité des plus magnifiques églises ont été construite autour de l’an 1000, et qu’il y a des traces d’avant J.C., pour ne pas parler de Lascaux, où les traces, particulièrement impressionnantes, remontent à 20000 ans avant, 1540 où pas … Voir quand même l’article publié ici et aussi ou surtout les commentaires.

Et je m’arrêts avec les considérations historiques sur les « natifs américains » (quelle expression idiote, quand même !!! », car Internet et déjà archi-plein d’informations, pas la peine d’en rajouter, sauf si il y a quelque chose de nouveau à dire.

En ce qui me concerne, je ne sais pas si c’est à cause de la guide, où de la fatigue, où de ma propre histoire et personnalité, mais certe est que dans cette visite, plus que le village lui-même (je ne peux pas me décider de dire ville), moi, qui soit venu d’un pays sans indiens mais avec beaucoup de maisons en « adobe » où similaires, je suis plutôt impressionnée par le paysage spectaculaire où il se niche : le bien nommé Sky City (la cité du ciel) nous apparaît de loin, comme une forteresse médiévale, sur un éperon d’une hauteur de 112 mètres.

Là aussi les diverses sources donnent des hauteurs différentes, allant jusqu’à 200m !! Je retiens les informations de http://en.wikipedia.org/wiki/Acoma_Pueblooù tout un chacun peut corriger en temps réel, donc y inclus le peuple peublo lui-même.





Mais revenons à notre visite : nous nous arrêtons comme d’habitude devant le centre d’accueil du site, mais trop occupée d’acheter des CD avec la musique indienne, des cartes des pays que nous traversons et des cartes postales, je n’ai pas le temps de visiter le Haak’u Museum, donc je ne suis pas vraiment préparée pour la visite (à propos du fait qu’apparemment Haak’u signifie préparer où planifier).

Nous sommes prises vite en charge par notre guide, Catherine, montés dans un mini-bus conduit par une femme (à Acoma les femmes ont un rôle très important, nous allons apprendre que c’est même le matriarcat, les enfants appartiennent du clan de la mère) et amenés en toute vitesse au centre du village, à côté d’une église du 17 siècle, l’église de la mission San Esteban del Rey, où les cloches sonnent deux fois par an, au Noël et à Saint Etienne. Là, une autre femme indienne, (j’ai trouvé son nom avec sa photo sur Internet) Gerry, commence une longue explication concernant la mission et le cimetière d’en face, une explication qui s’avère trop longue pour que notre guide puisse la traduire entièrement.



Malgré le fait que notre groupe était vraiment important (21 personnes) et malgré les protestations de Catherine, Gerry va continuer comme cela pendant toute la visite, en nous ignorant royalement et en faisant semblant qu’elle le fait pour les quelques trois ou quatre touristes américains qui se sont collé à nous à un moment donné. Je ne peux pas vous dire combien déplaisante pouvait être l’attitude de cette femme : d’un coup, le mythe du gentil indien exterminé par les méchants américains s’envolait instamment de ma tête, pour faire place à l’autre mythe, du méchant indien qui viole et tue les pauvres femmes blanches sans défense, quand il ne les mange pas, carrément…

Et voilà comment toute la préparation psychologique antérieure à cette visite, avec tout le respect du à des anciennes cultures méconnues, avec toute la sympathie due à des peuples maltraites, peut être anéantie par le comportement absurde d’une seule femme, que, par ailleurs, je ne peux pas comprendre quelle mouche l’a piqué ! Qu’est que pauvre de nous nous lui avons fait ?!!!

J’essaye quand même de décrire tranquillement ce que j’ai vu, quoique, je doive reconnaître, que toute en essayant tout le temps d’ignorer la Gerry et son comportement et de bien regarder autour, je me souviens à peine de ce que j’ai vu, tant son attitude et les larmes que j’ai vues dans les yeux de notre guide (sa situation était vraiment pénible) m’ont mis hors de moi !

Juste à côté de la mission il y a le cimetière, avec ses quatre ou cinq couches de personnes enterrées. Cimetière, que nous n’avons pas le droit ni de photographier, ni de toucher, ni de regarder, presque. A se demander pourquoi nous avons payé le droit de faire des photos, et même le droit d’y être…

De toute façon, la guide, Gerry, nous semble particulièrement mécontente de notre présence sur ses terres et terriblement revêche.

L’église San Esteban est, parait-il, un monument majeur de l’art coloniaux espagnole, une des grandes richesses architecturales du sud-ouest américain. Le style extérieur de l’église, typique pour la région, l’édifice, moitié en gré, moitié en adobe, avec la mission-école à côté, impressionne déjà par ses dimensions, surtout par rapport aux difficultés liées à l’endroit où a été construit : porter tant de terre et de l’eau à une telle hauteur et sur des chemins si escarpés…

Dans l’église, une grande sale avec les murs blanchis avec le yucca traditionnel et des brosses en peau de mouton (dit la Gerry) qui contrastent avec un autel polychrome, en bois peint dans des rouges brillants, des blues, des jaunes et des verts. La peinture est obtenue avec la terre de grès roses et blancs de mesa voisine et refaite, paraît-il, chaque année avant la Fête du San Esteban, le 2 septembre. Nous n’avons pas le droit de photographier, malgré le fait que nous avons payé, d’ailleurs je n’ai pas trouvé des photos de l’intérieur sur Internet et je ne peux pas m’empêcher à penser à ce qui se passe dans les merveilleux églises de France, surtout à Notre Dame, à Paris… Mais comme ça il suffit de penser à ce qui s’est passé à Cluny, par exemple…

Enfin, un petit tour de ville en direction de la Mesa Incantada, sur des ruelles poussiéreuses, avec des maisons traditionnelles, en adobe, devant des kiva, mais aussi devant des toilettes en air libre, pas tout à fait « ma cabane au fond du jardin, mais presque » et les Indiens qui essayent en vain de nous vendre leurs marchandises.

Le paysage est magnifique, j’aurais descendu volontairement seule le chemin direct, à pieds, vers Haak’u Museum, pour mieux entrer dans l’atmosphère, mais le temps ne le permettait pas. Encore une petite scène avec le minibus qui nous attendait là où nous l’avons laissé et devant lequel les quelques Américains qui nous ont gâchés la visite attentaient de pied ferme (notre pauvre guide, quelle galère ! Je parle de Catherine, of course, car la Gerry nous aurait laissé allé à pied pour mieux servir ses trois co-nationaux : hey, la Gerry, se sont leurs ancêtres qui ont tué les tiens ! Mes ancêtres n’y sont certainement pour rien !!!

En fin, nous reprenons l’Indian Route Service 38, 30, puis 27, NM 124, (portion commune avec Historic 66, NM 122 direction Milan J et nous arrivons à Grant, le musée de la mine d’Uranium. J’aurais laissé tombé celui ci pour rester encore un peu à Acoma, mais c’est comme ça : dans les circuits accompagnés, tu n’es pas libre de faire ce que bon te semble, et puis peut être que les autres étaient intéressés par la mine, quoique j’en doute !

Route 53, Ice Caves Road, paysage volcanique : Bandera Volcano Crater et Bandera Cave et, enfin, El Morro National Monument.

Quoi dire de El Morro?

Un paysage encore plus magnifique, en fait tout au long du voyage il m’a semblé qu’au fur et à mesure que nous avançons, le paysage devient de plus en plus magnifique, pour culminer, de mon point de vue, à Bryce Canyon.

Le parc de El Morro c’est un vrai « Garden of the God », créé par un génie jardinier et merveilleusement entretenu. Oasis dans un désert en pierres que nous traversons sur des sentiers biens dessinés, bordés d’une végétation exubérante où se côtoient des genévriers, pin de Bristlecone (Pinus longaeva) ou pinyon, (à propos, sur en.wikipedia. org j’ai lu que « Colorado pynion pin is of immense cultural and economic importance for the Native American tribes. One early legend asserts that the “tree of life” is a pinyon pine, rooted in ancient cultural sites found within areas of Pinyon (Piñon) Canyon, Colorado », i.e chez les Amérindiens l’arbre de la vie c’est un pin pinyon avec les racines dans le Canyon Pinyon de Colorado ), yucca, sauge sauvage, creosote bush (créosotier , larrea tridentata), divers armoises, dont BIG SAGEBRUSH (Artemisia tridentata), asters et autres Curlycup Gumweed (Gindelia squarrosa).




Nous arrivons enfin vers le basin aux eaux limpides niché à la base d’un massif en grès Navajo sur les parois duquel on voit les traces laissées par les eaux qui remplissent le basin au moment des pluies ou de la fonte des neiges. Un peu plus loin, sur le même massif, il y a les quelques 2000 inscriptions et pétroglyphes touchants, quelques-uns uns dans une calligraphie étonnement impeccable (ils ont même pris le soin d’aplatir la paroi avant d’écrire !).


C’est ici, où on dit pourtant que les pluies sont rares, qu’à cause de la pluie froide qui nous est tombé dessus, associé avec la clime et le froid du bus, mon Marcel c’est enrhumé. Moi j’ai tenu bon jusqu’au dernier jour, et je trouve là la preuve qu’en haut il y a quelqu'un qui m’aime bien, car voir toutes ces merveilles tout en étant enrhumée aurait sûrement gâché complètement mon plaisir…

Après la pluie, sous un ciel nuageux, fortement décourageant, continuation vers le Zuni Pueblo, Nouveau Mexique, sur la route 53 (301N) .



Nous traversons le village Ramah (le grand lac Ramah ne se voit pas de la route), puis le village Black Rock, dans un paysage des montagnes striées, de grès rouge et blanc,


nous arrivons enfin chez les Zuni. Dommage que ce soit trop tard et qu’en plus, après toutes ces visites nous sommes déjà fatigués : à part les quelques pas depuis l’arrêt du bus jusqu’au magasin, je n’ai rien vu de ce village, qui pourtant, vu la gentillesse de quelques habitants que j’aie pu rencontrer et vu la beauté de leur art, auraient mérité d’être visité plus que d’autres endroits. Le musée de la mine, par exemple, où personnellement je n’ai rien appris, sinon que les Indiens ont été plus qu’utiles à l’armée américaine pendant la guerre, avec leur langage chiffré incompréhensible pour les autres !

Par contre, dans le magasin de la coopérative du pueblo zuni, le bijou que j’ai vu dans la photo du musée d’Albuquerque saute aux yeux dès l’entrée. Non seulement à moi, mais aussi à mon mari. Pas étonnant, car, comme j’ai compris ultérieurement, en lisant tout sort de documentation su Internet, il est considérée comme une pièce majeure de la joaillerie zuni et indienne en général, un sort de marker symbolique de l’authenticité indienne dans les yeux des touristes, un peu comme Monument Valley pour les films de cow-boys. Il y a même une thése de master qui affirme que « The Zuni Knifewing and Rainbow god, and the Navajo hogan all function for tourists as what MacCannell describes as the “symbolic marker.” Plus que ça, Knifewing (car c’était le célèbre ?! Knifewing qui a attiré mon attention, touriste européenne que je suis !), considéré comme “The Zuni tribal symbole », a été à une période le symbole (http: //www.turquoisevillage.com/pins-pendants-page-1.html) officiel des pompiers dans le Canyon Hotshots de Texas.

Et voilà comment j’ai fait en 5 minutes des achats de je ne veux même pas dire combien des dollars, même après la réduction de 20% ! Mais je ne le regret pas : premièrement, je les trouve très beaux, deuxièmement, j’ai contribué ainsi à la vie des indiens que j’aime.

Qu’est ce que j’ai acheté pour cette somme ? Un pendentif, représentant le Zuni Knifewing, un bijou en argent massif, sertie de pierres (« inlay », du corail rouge, pour représenter la Mère terre, des turquoises, pour le père ciel, du jais noir et de la nacre pour la dualité des choses, avec une bague et des boucles d’oreille assorties, et aussi un autre pendage pour ma belle-mère, représentant l’oiseau du tonnerre (thunderbird), un autre motif Zuni très populaire, antithèse du tranquille Rainbow Man, en argent, avec turquoise, jais, nacre et corail.





Tous ces motifs, Knifewing, Thunderbird ou Rainbow god, font vraiment partie de la tradition indienne, mais ce n’est que depuis que les Espagnoles les ont incités à utiliser l’argent dans la fabrication des bijoux, qu’elles sont présentés tel qu’aujourd’hui, en perdant ainsi toute signification mystique ou religieuse.

Continuation vers Window Rock, Arizona (i.e. zone aride) : NM53, puis direction Gallup sur NM602, entrée en Arizona (la bienne nommée zone aride) sue NM264. Continuation AZ 264, puis Indian Route 100.

..la suite ici!

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