jeudi 6 novembre 2008

IV.Canyon de Chelly-Painted Dessert-Petrified Forest-Grand Canyon-Lac Powell



Canyon de Chelly

Qu’est ce que je peux dire des jours qui ont suivis? Après le Colorado et le Nouveau Mexique, nous sommes maintenant en Arizona et nous allons pénétrer encore plus profondément dans cet Ouest sauvage, en nous plongeant dans la démesure, pour contempler de près ou de loin tout ce que la nature a de plus grandiose et de plus beau dans cette partie du monde.

Nous quittons Window Rock sur Indian Road 12, sans voir la célèbre fenêtre, la route devient immédiatement AZ 264, puis, en tournant à droite, vers Chinle, US-191 et nous voilà sur les routes du Canyon de Chelly qui a la forme d'un Y, creusé verticalement dans les lits de grès par deux rivières, Tsaile Creek et Whiskey Creek, qui se joignent pour former le Rio de Chelly. Nous sommes ici au cœur même du pays indien, dans un vrai sanctuaire navajo et ça se voit partout, autant pour la vie moderne, que pour le passé et ses vestiges, des ruines des habitations troglodytiques, construits à même les falaises.

La visite débute dans la partie nord avec la Grotte du Massacre, en fait dans le Canyon de la Mort (Canyon del Muerto). Depuis une falaise de quelques 300m nous regardons en contre-bas vers la Grotte de la Momie (Mummy cave) avec les ruines d'un village indien anasazis (1100-1300). Quelques part vers la gauche c’est la Grotte du Massacre où 115 Navajo ont été tué par les Espagnols en 1809. C’est dans cette même grotte, restée tabou plus de 100 ans, que Sam Day a trouvé vers 1900 des couvertures Navajo, la plupart avec des raies simples, caractéristiques pour le tissage indien.

Nous continuons le tour du canyon du nord vers le sud, en sens inverse aux aiguilles d’une montre, en bus sur « Rim drive », en nous arrêtant dans plusieurs points de vue : « l’Antelope House Overlook » avec les ruines de « la maison de l’Antilope », puis «White House » et à la jonction de Canyon de Chelly et de Monument Canyon où j’avais longuement photographié la fameuse « Spider Rock » ou le rocher de la femme araignée. Le Canyon, est encore habité et cultivé par les indiens Navajo, ce que nous pouvons voir même à cette distance. Voilà quelques photos (j’ai mis d’autres ici) avec les célèbres Spider Rock, Face Rock, Navajo Forteresse &co:




Hubbell Trading Post



Nous reprenons la route AZ-191 sur le plateau Kaibitio, près de Burnside, un comptoir commercial, important foire de motos &co. et nous tournons à gauche sur la 264 vers Hubbell Trading Post, Ganado, Arizona. Voir ici pour l’histoire.

A l’intérieur du bâtiment principal, un bric à braque qui rappelle l’ancien temps, la marchandise exposée comme il y a un siècle, ne manque pas, et les photos « de famille » non plus, mais avant de faire le tour je m’arrête au comptoir pour parler avec un des vendeurs, un vieux qui me décrit sa visite à Genève et son étonnement à la vue de la pollution locale: "j’avais la chemise noire le soir". On parle de Suisse là et peut être qu’il exagérait un peu, mais par comparaison avec la pureté de l’air dans la Réservation Navajo, je le crois bien.


Autrement, pendant la visite, encore une fois, comme au Canada, et comme partout, j’ai trouvé ici aussi des ressemblances frappantes avec l’art populaire roumaine. Je l’ai pensé déjà devant certaines poteries dans les pueblos, mais ici, avec les tapis qui ressemblait tant à ceux que j’ai vus en Roumanie, qu’est ce que je dis, avec ceux que j’ai à la maison, encore plus : voilà quelques photos, pour comparer:



Mais oui, mais comme pour les bijoux, est ce que ces tapis navajo ne sont pas simplement commandés ainsi par tous ces « traders », Hubbell y inclus, pour satisfaire le goût des blancs ? En cherchant sur Internet je vois que bien sûr que si, plus que ça, sont vraiment des kilims avec des inspirations, sinon des copies, des tapis Orientales, notamment du Caucase, disent les sites wikipedia et navajo rug. Quand je vous dis ! Et regarder aussi les costumes traditionnelles en Roumanie, ici et ici !

Painted Dessert-Petrified Forest


Après une courte visite dans le Trading post, de nouveau la route 264 et puis 191, nous traversons Klagetoh, en pleine réserve Navajo. Nous prenons enfin la route I40, i.e. la célébrissime Historic road 66, à droite de la route un train immense, 120 wagons ? peine à travers le désert de pierres. En fin, plus d’une heure et demie plus tard, voilà la merveille tant attendue, le Parc National de la Forêt Pétrifiée, à son entrée Nord: le Petrified Forest National Park a deux parties : la partie nord fait partie du "Painted Desert", nommé ainsi pour ses couleurs surréalistes (notamment des bleues et des rouges éclatants), la partie du sud est la forêt pétrifiée proprement dite.

Nous commençons à Kachina Point, avec le Painted Desert Inn, un hôtel en style indien (ou mexicain ?) et nous continuons sur la « Petrified Forest Highway » en nous arrêtant dans les points significatifs, juste le temps de regarder un peu et de faire quelques photos : en fait, c’est vrai qu’on voit beaucoup des choses dans ces circuits organisés, mais quelques fois on aurait envie de rester un peu plus, pour admirer, pour se remplir vraiment de ces paysages, pour se sentir vraiment dépaysé, appartenir un peu à ce monde qu’on traverse !

Au parcours j’admire intensément les Tepees, les Badlands du Painted Desert, « la forêt de Jasper » (heureusement encore que j’ai les photos pour mon souvenir !) pour arriver enfin dans la partie sud du parc, vers Giant Logs, où nous marchons sur la « Giants Logs Trail » derrière le bâtiment du Rainbow Forest Museum, stupéfaits devant le phénomène et surtout devant les couleurs des troncs pétrifiés et de leur grandeur .


Je visite à la hâte le dit Musée, et une photo de fossile plus tard (A large, heavily armored plant-eating reptile (Desmatosuchus) of the Late Triassic) je cours vers le bus : il est déjà trop tard et nous avons encore pour presque deux heures de route jusqu’à Flagstaff où il faut être à temps pour le diner!

Grand Canyon


Pour commencer, nous sommes encore sur la fameuse route 66 (I40), nous passons même par Seligman, où, si je crois le panneau, la route a démarré, mais nous la quittons aussitôt pour prendre US-18 jusqu’à Tusayan, l’héliport du Grand Canyon, siège de « Grand Canyon Airlines »

La journée de visites démarre de la plus belle manière, avec le vol en Hélicoptère au-dessus du Grand Canyon. Je suis vraiment super-heureuse, je n’ai pas le temps d’avoir peur, je n’ai jamais peur en avion, je n’ai qu’un souci, faire un bon film (là c’est moi qui ai la caméra, en étant, par chance, à côté de la fenêtre) et, dans le même temps, réussir à me régaler en regardant le paysage! Je commence à filmer dès que l ‘hélico décolle, je film la Kaibab National Forest et je film avec encore plus d’application quand nous survolons enfin le canyon.

Quoi dire de ce Grand Canyon ? Que c’est grandiose, que c’est majestueux ? Oui, mais ce qui frappe l’esprit c’est surtout son immensité, sa démesure: il s'étend sur environ 450 km en longueur, entre le lac Powell et le lac Mead. Sa profondeur moyenne est de 1 300 mètres avec un maximum de plus de 2 000 mètres. Sa largeur varie de 5,5 km à 30 km.


C’est toute l’Amérique ici, par définition ! Le dépaysement total et absolu ! Et encore, le Canyon de Chelly nous a préparé un peu à ce paysage, mais à la dimension humaine. Je me rappelle les sensations en avion au-dessus de Himalaya. Mais oui, mais là j’étais quand même à 10000m, pendant qu’ici, parfois, nous entrons carrément dedans ! Fantastique ! Et même pas peur, même quand, (en voulant nous donner des sensations fortes, à nous où à la vieille anglo-américaine qui était à côté de lui ?), le pilote faisait trébucher l’appareil. J’aurais fait des tours et des tours, ici aussi j’ai regretté que le vol ait été trop court ! Mon mari m’a fait une photo à la descente, je lui remercie, car je n’ai qu’à la regarder pour me souvenir combien j’y étais heureuse !



Mais ce n’est pas fini ! Après le vol, nous continuons, sans désenchanter, (je parle surtout de moi , of course!) notre visite en bus, sur le South Rim, en partant du Grand Canyon Village, de l'Oeust vers l'Est, en nous promenant à pieds sur le Rim Trail, tour à tour:

1. de Mather Amphitheatre Point vers Yavapai Point, avec la vue sur Maricopa Point et Phantom Ranch.

2. Sur Bright Angel Trailhead, le «Lookout studio », la promenade sur le Rim Trail entre Kolb Studio et El Tovar, la vue spectaculaire vers le jardin indien (Indian Garden) et Bright Angel trail : la terrasse, 300 mètres au-dessus de l'eau, masque le fleuve.

3. A l'extrémité Est, au "Desert view", avec le Navajo Point et la "Watchtower" qui se fond dans le paysage, avec ses fresques à l’intérieur, cadeau des artistes indiens.


Depuis ces points de vue nous pouvons voir sur ses falaises les diverses couches géologiques "qui racontent l'histoire du continent amèricain" : nous sommes sur la première marche du « Grand Escalier ». Plus tard je vais apprendre que Le Grand Canyon présente des roches "qui comptent parmi les plus anciennes de la Terre : certaines sont âgées d'1,7 millard d'années au fond des gorges".


Je vais ajouter quelques photos pour compléter celles que j’ai mis à cette adresse.



Lac Powell

Je n’ai pas trop envie de quitter les lieux, la quantité de photos que j’ai faites du bus en partant (dont j’ai mis ici deux exemples) le prouve, mais quoi faire ? Heureusement, le lac Powell nous offre une surprise au-delà de toutes nos attentes. Et là, c’est le consensus !

Nous voilà de nouveau dans un petit coucou, un avion (plus sûr, dixit mon Marcel), cette fois, et là je ne suis pas trop rassurée, je ne sais pas pourquoi, surtout que nous avons fait demi-tour, à peine lancés sur la piste de décollage. Mais le paysage plus que magnifique, a pris vite le dessous ! Who care, même quand on entre carrément dans les canyons, au ras les bords !


Je suis vraiment surprise par la beauté surréaliste du paysage, je ne m’attendais pas du tout à ça : le bleu turquoise de l’eau, les couleurs rose, blanche, rouge, gris-vert, ocre, des falaises du Glen Canyon et des autres petits canyons autour, la subtile dantellerie des roches qui se reflettent dans l’eau, étonament pure… En fait, ce n’est pas les roches qui entourent le lac, c’est l’eau du Colorado qui a envahit l’espace entre les roches dans Glen Canyon&co. , après 17 ans de la construction du barrage. Et la sinuosité même de ce relief contribue à la beauté du paysage, on peu se rendre compte déjà simplement en regardant sur cette carte, (mais après avoir cliqué dessus pour voir en grand format, peut être)...



Comme d'habitude, voilà encore quelques photos en petit format, qui s’ajoutent à celles que j’ai mises.. ici et qui peuvent être visualisées en dimension normale, c'est à dire, 2048x1536 pixels.



Enfin, juste pour manger et dormir, Page. Mais pas avant d’aller voir de plus près le barrage qui est juste à côté, même si c’est déjà presque nuit !


..la suite ici!


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