lundi 6 février 2017

Espagne 2016. LLanes.

 
 
Pour la dernière journée en Espagne, car le lendemain, après le Réveillon , nous partions vers la France, j’ai changé le plan initial : pour profiter encore une journée de ces côtes fantastiques, nous avons renoncé d’aller à Potes et Fuenté Dé pour monter avec la télécabine jusqu’au 2000m : j’ai pensé, à juste titre, que nous pouvons aussi bien admires le Pic d’Europe de loin, vu que nous sommes allé déjà dans cette Cordillère Cantabrique, autant cette année, avec la journée au Sierra del Escudo, que pendant le réveillon 2006-2007, quand nous avons visité Sanctuaire de Covadonga! Et puis, pendant le voyage en Roumanie de l’automne, nous avons vu assez des aussi belles et encore plus chères à mon cœur montagnes, avec le Transfagarasan, la Transalpina &co, dont je n’ai pas encore mis des photos, ni sur ce blog ni ailleurs, mais ça va venir…

Bref, après une rapide consultation de mon ipod, le choix est tombé sur Llanes, une ville totalement inconnue, avec un nom improbable, mais située pas trop loin de Santander et dans ces Asturies que nous adorons tous les deux. Et je dois dire d’emblée que c’était un choix on ne peut plus judicieux, tant la ville s’avéré être non seulement belle, mais aussi très intéressante.

Ainsi, comme toutes les villes espagnoles ou françaises du littoral Atlantique, Llanes c’est développée dès le Moyen Age comme un port, grâce aux activités de pêche à la Baleine, ou au transit commercial (importations de sel, céréales, vin, lés, articles manufacturés ainsi que l’exportation de salaisons, bois et plus tard de textiles). Les vestiges de cette prospérité économique peuvent être aperçus dans la partie médiévale de la ville, entourée de la grande muraille construite au XIIIème comme le grand donjon défensif et l’église gothique de la Sainte Marie.







Autour de l’église, à l’intérieur des remparts, on trouve plusieurs palais dont le palais de Ricardo, Duque d’Estrada, important palais baroque du XVIIe siècle dont la clôture coïncide en partie avec le tracé de la muraille de l'époque romaine, est malheureusement en ruines depuis l'incendie et la destruction provoqués par les forces française pendant la guerre d'indépendance (sic).

En meilleur état, il me semble, c’est le palais de Cercau, construit au XVIe siècle par Pedro de Junco Posada, un conseiller royal tribunal de l’inquisition, pour qu'il puisse être enterré dans sa chapelle, car les habitants de la ville refusaient d’accepter son enterrement dans leur basilique !

Par contre, le palais où était naît l'homme politique espagnol du XIX siècle, José Posada Herrera, actuellement maison de culture de Llanes a été complétement restauré, comme on peut voir dans la photo ci-dessus, même si, personnellement, je ne suis pas sûre que ce rouge brique correspond aux couleurs initiales, vue la sobriété des lignes du bâtiment.

 Comme quoi, des ducs, des grands inquisiteurs, ben, auparavant il y avait que du beau monde par ici, même après leur morte, hein...







Au début du XIX siècle, après l’occupation française et ses désastres, auxquelles s’ajoute le déclin des activités traditionnelles, la ville a subi une période de pauvreté extrême, ce qui a forcé certains de ces habitants à quitter le pays pour des contrées plus prometteuses. Ainsi, la plupart sont partis s’enrichir au Cuba, au Mexique ou en Argentine et parmi eux quelques-uns arrivèrent à amasser de grandes fortunes et devinrent des propriétaires terriens, des riches commerçants et banquiers. Après avoir fait fortune, certains de ces « los Indianos » revinrent à leur terre natale où, comme tous les nouveaux riches qui veulent montrer leur richesse, ils se construisirent des grandes maisons, voir des petits palais, les célèbres las Casonas de los Indianos que nous avons pu apercevoir en passant sur l’Avenue de la conception.

Mais, comme c’était l’habitude des riches à l’époque, ils surent aussi faire preuve de générosité envers la communauté, en finançant la création d’écoles, des réservoirs d’eau, des lavoirs et fontaines d’eau potable, d’éclairages publics, hôpitaux et tout type d’infrastructures, dont la merveilleuse promenade de San Pedro bâtie en 1845 n’en est pas des moindres ! Je ne peux pas dire que nous avons pu tout voir pendant une seule matinée, dans cette ville dont nous ne connaissions même pas l’existence avant, mais après une promenade dans la partie médiévale, forcément courte, car là aussi tout était fermé, nous sommes allée quand même jusqu’à la place Barqueras où je suis entré dans un petit super market pour constater qu’il n’y a pas ce que je veux pour le réveillon et après quelques beaux gâteaux festifs achetés à la « cofiteria Vega » nous sommes revenu via Callé Castillio vers la Plage del Sablon. Nous avons pu ainsi voir que la partie plus récente de la ville est aussi très belle et merveilleusement bien entretenue et mise en valeur, avec la mairie néo-classique du XIXème siècle et le Casino, un édifice éclectique, voir un peu baroque, témoin des gouts des «Indianos », du début du XX-ème siècle…

Une fois arrivée à la « Playa del Sablon » j’ai monté aussitôt les escaliers menant vers le Paseo de San Pedro,  en laissant mon mari, qui ne pouvait pas me suivre, aller voir de nouveau l’église Saint Marie, dans l’espoir de la trouver ouverte. Et là, surprise : la dite Promenade ou Paseo est en fait une pelouse naturelle bien entretenue d’une largeur de huit mètres et une longueur de 800m, bordée par des vieux murs en pierres et surplombant d’une côté, par des falaises abruptes, Le Golfe de Gascogne et de l’autre, les toits de la ville, avec des hauts montagnes à l’horizon, dont, sans doute, le célèbre Picos de Europa que les marins revenant de leur pêche à la baleine voyaient en premier approchant la terre.

Je dois avouer que je ne m’attendais pas du tout à une pelouse et en plus avec de l’herbe humide qui traversait allégrement mes basquets je n'étais pas vraiment enchanté. En plus il n’y avait personne d’autre autour, j’étais absolument seule sur cette étendue verte où aucun obstacle ne gênait la vue, sauf ici-là quelques bancs en pierres, noircies par les pluies et quelques rares vieux tamaris solidement accrochés, ayant l’air d’avoir affronté des nombreuses tempêtes !

 Et pendant plus d’une heure sur tout mon parcours j’ai rencontré une seule dame, qui, par ailleurs a eu la gentillesse de me faire une photo. Peut-être parce que c’était le 31 décembre ? Ou tout simplement parce que c’était entre 11.30 et 13 heures ?

Mais finalement je n’ai pas eu à me plaindre: c’était encore mieux comme ça et ce petit point d’adrénaline du à ma solitude dans cet espace que l’océan faisait paraitre presque infini et qui m’était complétement inconnue ne faisait qu’ajouter encore plus de charme à la magie des lieux, tel que même l’eau dans les basquets était oubliée ! (mais une fois dans la ville j’ai dû m’acheter des chaussettes, mdr…)

De toute façon, la beauté du paysage, avec le vert vif de l’herbe noyé dans le bleu intense de la mer et d’un ciel sans nuages, sous le soleil éblouissant de décembre, me poussait à continuer encore et encore mon chemin, en dépassant même la limite de 800 mètres de la promenade.



J’ai avancé sur un sentier sauvage, vers un sort de tour de guet dans l’angle d’une enceinte bordée par des murailles en pierres et même là je ne me suis pas arrêté, j’ai trouvé une petite ouverture entourée de ronces dans cette muraille et, avec la crainte d’entrer dans une propriété privé, ou que je ne trouve plus au retour la dite ouverture, j’ai continué ma route encore et encore, comme sous hypnose, jusqu’à un autre tas de pierre, apparemment les restes d’une ancienne tour. C’était la Punta de Jarri O de la Torre si je crois les informations que j’ai obtenus une fois à la maison via internet, car là, seule sur ces sentiers au bord des falaises espagnoles, je n’avais personne à qui demander où je suis et qu’est-ce que c’est ce que j’ai sous mes yeux et que vous pouvez voir dans les photos que je vous présente. Je pouvais seulement être éblouie par l’exceptionnelle beauté des lieux et, faire des photos, pour avoir des preuves que je n’ai pas rêvé cet endroit!












 Finalement, en pensant à mon mari qui, forcément, devrait commencer à s’inquiéter, j’ai dû me résoudre à faire demi-tour. Et comme le chemin jusqu’à la plage de Sablon était le même, j’ai pu de nouveau m’extasier, autant à la vue panoramique noyée dans du bleu, que devant les maisons et les jardins exotiques en bas de la promenade, dont un, avec des palmiers, des agaves et autres plantes luxuriantes, carrément éblouissant.





Arrivée au bout, je suis monté aussi dans le mirador pour mieux profiter de la vue vers la vieille ville, mais je dois avouer que je n’ai pas remarqué tant que ça le « célèbre » « œuvre d’art », « Les cubes de la mémoire» du Agustin Ibarrola…même je peux dire que j’aurais préféré moi ces pierres dans leur état naturelle, car avec toutes ces couleurs elles avaient l’air d’une friche industrielle, ou semblable. Mais ça ne m’a pas choqué non plus, disons juste que je les ai ignoré. Conclusion, en ce qui me concerne l’artiste n’a pas atteint son but, si le but de l’art moderne est de regarder un œuvre en se posant des questions, ou je ne sais pas quoi… Après une visite dans une grande surface pour préparer le réveillon et où nous avons acheté, entre autres, un très bon fromage locale, Maestro de Garcia Baquero, mélange de lait de brebis, de chèvre et de vache, nous avons quitté Llanes pour un pique-nique sur une petite plage des Asturies, quelque part vers Ribadesella. Peut-être Playa renal de Moris. Et pour couronner la journée, le soir, à Santander, j’allais refaire encore une belle promenade sur des falaises avant de fêter le réveillon sur la terrasse de l’hôtel !

Playa renal de Moris, Asturies!



Les gâteaux achetés à la pâtisserie de LLanes sont aussi beaux que bons!
 

Et encore deux images avec la mer, cette fois vers Lekeitio...
 
Castro-Urdiales et Laredo
Santander..à suivre

Aucun commentaire: