Le paysage était beau, dommage quand même que j'étais un peu stressée, car à cause de l’attente à la douane, c’était plus de 14 heure arrivés au Monastère et l’hôtel était déjà réservé pour la nuit à Sofia, en Bulgarie. Par conséquent je savais que nous n’avions pas trop de temps devant nous pour ce que nous nous sommes proposés de visiter dans la journée, c'est à dire, le Monastère d'Ohrid.
En plus maintenant je dois avouer que je n’ai pas bien appris ma leçon et que je ne savais pas trop quelle monastère j’avais envie de voir en Macédoine du Nord, sinon qu’elle était quelques part au bord du lac Ohrid !
Alors, dès que j’ai vu que la voiture entrant dans la ville d’Ohrid sur l'autoroute A2, s’éloigne du lac du même nom, j’ai dit à mon mari de bifurquer sur P131 pour se rapprocher à nouveau du lac et ensuite s'arrêter pour que je puisse essayer d'obtenir des informations!
Encore presqu’une heure de perdu, pas seulement à cause de ces balbutiements, mais aussi parce que nous avons choisi le trajet par la ville d’Ohrid, au lieu d’aller plus directement, par la ville de Pogradec, en Albanie, située à seulement une douzaine de kilomètres du monastère.
Et vous aller voir que ce n’était que le début de nos « mésaventures » qui nous ont fait arriver à l’hôtel vers une heure et demie de la nuit et qui ont fait que cette journée ne soit pas parmi les meilleurs de nos voyages à travers le monde!
Au point qu'on peut se demander le pourquoi de ce choix, ce qui mérite une petite explication:
La ville d'Ohrid, surnommée la "petite Jérusalem des Balkans", avec 365 églises à son apogée comme dit la légende, est la ville où naquit la religion orthodoxe slave et d'où s'est même propagée la culture slave dans les Balkans. Et même si de nos jours seulement une trentaine subsistent, quelques 'une magnifiquement conservées, d'autres restaurées ou en train de l'être, il me paraissait important de traverser la ville et d'essayer de voir au moins une de ses églises. Et en regardant divers guides de voyage, le Monastère je me suis arrêté à l'église du monastère de sainte Naum, vues les commentaires dithyrambiques, mais aussi la nouveauté que représentait pour moi l'existence d'un saint portant ce nom.
Cela dit, malgré le fait que la partie de la ville d'Ohrid que j'ai vue en cherchant l'adresse du monastère était plutôt décevante, poussiéreuse et banale, avec ses bâtiments de tip HLM (comme on dit en France) et ses immenses places et larges boulevardes que j'ai du traverser extenuée, sous un soleil de plomb, désespérée de trouver un habitant capable de me donner une information valable, finalement, quand même, la route qu'on m'a indiquée et laquelle nous a menés jusqu’au monastère s'est avérée être vraiment belle. Et dès que nous sommes arrivés au monastère, tout était merveilleux !
Pas du tout mystique, pour commencer, plutôt un complexe touristique, avec un parc soigné, beaucoup d’échoppes, des touristes et des restaurants, sur le bord d’un lac aux eaux d’un bleu parfait !
Le lac d’Ohrid, que les Albanais appellent le lac de Pogradec, (c'est selon la ville qui le borde) doit le bleu limpide de ses eaux à la quantité très faible de phosphore (milieu oligotrophe), nous apprenne notre encyclopédie en ligne préférée.
Et la même source nous dit qu’il est, avec Titicaca et Baïkal, l’un des plus vieux lacs du monde.
Comme en plus il est le lac le plus profond des Balkans (288 m) et l’habitat de nombreuses espèces animales et végétales, dont plus de 200 endémiques et même très anciennes, il a été tout naturellement classé au Patrimoine mondial de l'humanité.
A part ça il m'a paru vraiment très beau sous ce soleil d’automne, où aucune brise ne venait troubler sa surface.
Je serais restée avec plaisir un peu plus longtemps à le contempler et encore plus longtemps sur la terrasse du restaurant Ostrovo, au bord du Drin Noir, la rivière formée par les eaux qui jaillissent du lac Prespa par des infiltrations souterraines traversant la montagne Galicica et qui alimente le lac d’Ohrid avec empressement, en tourbillonnant sous un petit pont qu’on traverse, sans oublier de s’y arrêter pour faire la photo indispensable !
D’où je le regardais, cette rivière, qu’on appelle aussi Springs de Naum , c’est-à-dire les sources de Naum, c’est un petit lac aux eaux cristallines, sur lequel des mignonnes barques peintes en bleu contrastent fort à propos avec les couleurs environnantes, rendant ainsi la beauté bucolique du paysage encore plus enchanteresse.
Encore quelques pas et, après une statue de Saint Naum d’aspect résolument chinois, nous voilà de nouveau devant une scène tout juste sortie d’une peinture impressionniste ou d’un roman de la régence anglaise.
Scène qui n’était pas démentie ni après avoir passé la grande porte du monastère, car la petite église ressemble fortement à un pavillon cossu dans le parc d’un château !
Pourtant, c’est bel et bien une église, plus précisément l’église Sainte Petka. Et parait-il qu’elle n’est pas la seule dans les environs du monastère, car il y a aussi plus loin l’Église de la Sainte Mère de Dieu et aussi l’église de Saint Athanasius.
Mais, par manque de temps, je n’ai pas visité toutes ces églises et je me suis contentée, comme prévu, d’aller voir l’église Saint Naum, dans l’enceinte du monastère.
Les sources Internet me disent que le monastère, érigé par saint Naum lui-même sur un plateau, au bord du lac d’Ohrid, au milieu de nulle part à l’époque, donc propice à l’isolement monastique, à l'état de ruines entre le XIe et le XIIIe siècle, fut détruit par les Ottomans et réhabilité au cours du XVIe siècle, tel qu'on le voit de nos jours.
Saint Naum, dont nous, autres orthodoxes, nous n’avons jamais entendu parler, ben, il s'avère qu'il n'était pas seulement un saint qui accomplissait des miracles, mais aussi, et surtout, l'un des cinq élèves de Cyrille et Méthode et que, avec eux et Clément d'Ohrid, il a évangélisé les slaves, leur a apporté l'alphabet cyrillique et aurait participé à la création du slavon comme langue liturgique.
L’église, dédiée au début par Saint Naum à l'archange saint Michel et à toutes les puissances célestes, est maintenant dédiée à saint Naum lui-même et sa tombe placée dans une abside côté sud et supposée à faire elle-même des miracles sur ceux qui prient avec la foi, en particulier pour les guérisons de maladies graves et en particulier la folie.
Bon, j’aurais pu en profiter moi aussi, au moins pour une de mes maladies soit disant « graves », mais je ne l’ai pas fait, car déjà, en visitant les lieux je ne le savais pas, mais en plus l’atmosphère, pas du tout mystique, comme je l’ai déjà dit, ne m’inspirais pas à la prière, en supposant que je crois en miracles!
J'ai toutefois profité du fait que j’étais seule dans l’église à un moment donné pour faire quelques belles photos de l’iconostase sculptée en 1711, du dais et les icônes datant de la même année, parmi lesquelles celle du saint avec sa barbe pointue, ainsi que des fresques peintes au XIXe par un peintre albanais, (Trpo le fils du maitre Constantin du Korça), dont la fresque de la Dormition de Saint Naum, au-dessus de sa tombe.
C’était un lieu somptueux, empreint d'une certaine tranquillité, même si pour le moment il ne ressemblait pas à un lieu de recueillement et de prières, comme il était supposé l’être.
Et les deux jeunes mariés, qui prenaient la pose devant le mur de l’église, ne semblaient pas avoir célébré leur mariage dedans.
Quant aux paons, oiseaux du paradis qui fanfaronnaient dans la cour du monastère devenu hôtel, ils étaient encore moins concernés que nous par tout ce qui se passait autour d’eux!
Cependant, les deux moines que j'ai arrêté pour me prendre en photo devant l'endroit où le Black Drin rejoint le lac d'Ohrid, prouvaient que cet espace était bien un monastère !
Comme il était déjà tard, car le temps passe vite pendant les voyages, nous avons décidé de ne pas aller au restaurant, mais d’acheter à l'un des kiosques à l'entrée quelque chose que nous pourrions grignoter dans la voiture, tout en roulant.
Ce qui s'est avéré à ne pas être une si bonne idée finalement. Car occupés comme nous étions, avec notre repas improvisé, nous n’avons pas remarqué que franchir une frontière, à seulement quelques minutes après le départ du monastère, était un peu bizarre, car bien trop intempestif : en fait nous étions de nouveau en Albanie, toujours sur les rives du lac d'Ohrid mais un peu plus loin, à Pogradec.
A propos, le monastère saint Naum, situé à une dizaine de kilomètres de la frontière entre la Macédoine du Nord et l’Albanie, a appartenu pour quelques années, entre 1912 et 1925, à l’Albanie, avant d’être cédé à l’ex Yougoslavie. Pour dire si l'endroit est vraiment près d'Albanie!
Donc, nous voilà en train de rouler de nouveau, sans le savoir, à travers l’Albanie. Tel qu’à la suivante douane, en ne comprenant rien, j’étais obligée de demander dans quel pays nous sommes, car je trouvais enfin que ce n'était pas normal de passer tant des douanes entre la Macédoine du Nord et la Bulgarie. Et j'avais raison, car oui, nous étions en Grèce ! Encore plus loin de Sofia que lorsque nous étions au bord du lac Ohrid !
Et voilà pourquoi, après une autre douane entre la Grèce et Bulgarie, nous sommes arrivés à notre Palace Hotel Sofia de… Sofia, vers une heure du matin, fatigués et passablement affamés ! Mais un grand BRAVO pour la performance du chef: conduire tant d’heures sans s’arrêter, sauf quelques minutes aux divers douanes ?
Et voilà pourquoi le lendemain nous n’avions plus du tout envie de visiter quoi que se soit, malgré mon désir de revoir la ville que j’ai vue couverte de neige le mois de février 1985, dans une visite "académique", envoyée par mon Institute. (Une véritable aventure à l’époque, aventure que je pourrais raconter avec grand plaisir une autre fois, si j’en ai le temps !)
Nous avons donc fait nos valises et tenté de quitter la ville au plus vite, ce qui s’est avéré difficile, car toutes les routes étaient bloquées en raison d’un événement sportif imminent – peut-être "le marathon de Sofia" ?
Finalement nous avons fait appel à un policier qui nous a recommandé un citoyen du cru qui demandait lui aussi par où il peut sortir de la ville et qui nous a ensuite conduit jusqu’à l’autoroute A2, autoroute que nous avons suivi jusqu’à Yablanitsa.
Là, nous avons pris la direction Veliko Tarnava, le long d'une monotone route nationale, bordée de deux côtés par des arbres nous empêchant ainsi à voir les paysages, qu'on pouvait deviner pourtant magnifiques, car nous étions en train de traverser les pré-Balkans, des montagnes basses qui bordent au nord la chaine montagneuse du Grand Balkan.
La route porte le nom trompeur d’E772, c’est à dire qu’elle est déjà considérée comme étant une route européenne, sans être tout de même une autoroute. N’empêche, elle était bonne et sans trop de circulation. Normal : c’était un Dimanche !
A midi et quart nous étions à peine à Osikovska Lykavitsa, comme me l’indique mon Iphone : le marathon de Sophia et le manque d’indications sur la route nous ont beaucoup couté.
Nous sommes arrivés à Veliko Tarnovo, capitale historique et spirituelle de la Bulgarie, vers 14 heures, mais les rues étaient archipleines, pas le moindre endroit où laisser la voiture.
Nous sommes donc montés sur la rue Ivan Vazov, puis, en suivant les contours de la forteresse et du rocher Tsarevets sur la rue Saint Clément d’Ohrid (tient, tient… ) jusqu'à ce qu'il soit évident que nous nous éloignons trop de l’entrée dans la forteresse et que donc il faut faire demi-tour.
Il faut dire que le chef, déjà las de toute cette route pleine d’églises orthodoxes et autres forteresses, en avait déjà marre et à l’évidence était prêt à quitter les lieux pour aller dans un endroit tranquille, plus précisément en Roumanie, qui semble être devenu sa patrie d’adoption !
Alors, pour prévenir la
catastrophe, (catastrophe pour moi, passionnée de forteresses, d'églises et autres
vestiges en tout genre) à la première occasion je lui ai demandé d’arrêter la
voiture et j’ai descendu ilico-presto sans aucun commentaire.
Cependant, mon mari, n'ayant pas le choix, a du continuer sa route, tout en cherchant un eventuel parking. Quant à moi, j’ai commencé mon périple vers la forteresse, sans pour autant avoir la force physique de monter à pieds jusqu’en haut de la colline sur laquelle est perché et sans avoir, le temps nécessaire pour attendre un éventuel moyen de locomotion prévu par l’office de tourisme pour des gens à mobilité réduite, comme je le suis désormais !
Car il faut dire que Veliko Tarnovo, ancienne capitale du Second Empire Bulgare (1185-1396), a un relief varié, des collines et des vallons, occupant des pentes de 240 mètres, presque verticales au-dessus les méandres sinueuses de la rivière Yantra, méandres qui contournent trois promontoires rocheux : Sveta Gora, Tsarevets (Carewec) et Trapezitsa, sur lesquelles sont perchées sinon les maisons, empilées les unes sur les autres, alors des impressionnantes forteresses.
Et parmi ces forteresses, celle que j’aurais voulu visiter dans ce court laps de temps (car je dois reconnaitre que la ville aurait mérité beaucoup plus) c’était celle qui sautait aux yeux en arrivant, construite au 14e siècle et perchée sur le piton rocheux de Tsarevets, à l’est, avec d'impressionnantes remparts tout autour complétant les défenses de la ville, laquelle est protégée déjà naturellement par la rivière et les couronnes de roche qui l’entourent. Pas suffisamment, parait-il, vu qu'elle a été conquise par les Turcs en 1393!
Malheureusement, finalement j’ai dû me contenter de m’arrêter sur la place Tsar Ivan Assen I, en bas de la colline Tsarevets, ce qui m'a permis de prendre quelque photos et quelques films de la forteresse, et de la bien nommée Cathédrale Patriarcale de la Sainte Ascension, qui n’est plus un lieu de culte, tout en zoomant autant que possible.
Après ça j’ai fait quelques pas dans les ruelles environnantes et encore quelques photos, avec des images prises de loin du quartier résidentiel Varusha-sud et des ruines de la forteresse Trapezitsa, du musée de la ville avec la galerie d’art Boris Denev et la statue triomphales des tsars Asen, dont on ne sait finalement pas s’ils étaient Roumains ou Bulgares, mais au moins on sait qu’ils ont défendu le royaume « bulgare » contre les byzantins. (voir Histoire de la Bulgarie — Wikipédia : 1185 à 1280 : Royaume des Bulgares et des Valaques fondé, à la suite de la révolte des valaques, par les frères Petar et Asen Ier, avec Veliko Tarnovo comme capitale. « Les Valaques » étant, comme on sait, un des surnoms des Roumains).
Et pendant tout ce temps je n’arrêtais pas de réfléchir inquiète à un moyen de retrouver mon mari, qui ne répondait pas au téléphone, ou à un plan B le cas où. Envisageant même à faire un éventuel autostop vers Bucarest, chose pas impossible vu le nombre des Roumains qui parcouraient les rues de la ville en parlant haut et fort !
Bon, je n’insiste plus. Vous pouvez vous imaginez que j’ai retrouvé mon mari, ou plutôt c’est lui qui m’a retrouvé (les téléphones portables, quelle invention géniale, hein ? Vive les Américains!) et que nous avons vite quitté la ville et nous sommes partis vers Ploiesti-Roumanie via Rousse (ou Русе, ou Ruse).
Avec encore une aventure déplaisante côté bulgare concernant la vignette, aventure que ne mérite pas d’être racontée. Seulement pour avertir les autres voyageurs naïfs de ne pas se laisser arnaquer par des sites de vente en ligne de vignettes qui coutent 16 euros, quand aux frontières on peut les acheter avec seulement 3 euro !
Mais là notre marathon dans les Balkans touchait à sa fin. On pourrait dire que nous étions déjà sur le chemin de retour… Encore quelques jours en Roumanie, une étape en Serbie et une autre en Italie, car il fallait se reposer, et voilà !
|
|
|

















































Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Merci pour votre commentaire. Il sera affiché sur le blog dès qu’il sera validé.